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Régionales: des centaines de tracts non-distribués, le gouvernement s'excuse auprès des candidats

Enveloppe contenant des tracts pour les élections régionales, à Lille

Enveloppe contenant des tracts pour les élections régionales, à Lille - BFM Lille

Dans plusieurs régions, de nombreuses enveloppes contenant les professions de foi des candidats n'ont pas été remises aux citoyens. Le prestataire privé auquel le ministère de l'Intérieur a fait appel est pointé du doigt.

À deux jours du premier tour des élections régionales et départementales, plusieurs élus évoquent un véritable "scandale" passé sous silence. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a en effet dû s'expliquer, ce mercredi 16 juin, sur les couacs observés dans la distribution des tracts électoraux en vue des scrutins des 20 et 27 juin.

Adrien Quatennens avait sonné l’alerte la 14 juin dernier: photos à l’appui, l’élu LFI révélait que des enveloppes de tracts en vue des élections régionales, dont la distribution a été confiée à un prestataire privé, n’avaient pas été acheminées aux électeurs. Des faits de nouveau observés par le député de la 1ère circonscription du Nord ce jeudi 17 juin.

Ces dysfonctionnements ont été observés dans le Nord, en Haute-Loire et dans la Marne, où les enveloppes contenant professions de foi de candidats ont parfois été déposées à même le sol près d’une poubelle, ou entassées à l’extérieur des boîtes aux lettres.

Le recours aux prestataires privés mis en cause

Sur sa page Facebook, Jean-François Pyl, candidat LFI aux départementales, pointe du doigt le recours au secteur privé dans la réalisation de missions d’intérêt général aussi sensibles que celles des élections:

Voilà ce qu'il se produit lorsqu'on soustraite une mission de service public à une entreprise privée dont le seul intérêt est le profit. Je ne cherche pas à blâmer la ou le salarié•e précarisé•e (vous connaissez certainement les conditions de travail des distributeurs de prospectus). Mais c'était prévisible: les entreprises répondent à des appels d'offre au mieux disant (au moins cher) et in fine ce sont les salarié•es qui sont pressé•es comme des citrons avec des cadences infernales et des paies misérables.

C’est effectivement à l’issue d’un appel d’offres que le ministère de l’Intérieur avait confié à la société Adrexo – qui se présente sur son site comme un "spécialiste de la distribution de courriers et d’imprimés publicitaires" - la distribution de la propagande électorale dans 51 départements pour les quatre prochaines années. Le reste a été assuré par La Poste.

Le gouvernement s'excuse

Interpellé au Sénat sur la question, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a reconnu que la société Adrexo avait "particulièrement mal distribué une partie de la propagande électorale", en minimisant toutefois l’ampleur des dégâts:

"Les cas que vous évoquez n’auraient heureusement concerné que deux villes. Mais c’est deux villes de trop, et je condamne fermement cela. J’ai demandé au secrétaire général de mettre en cause le marché public à la fin des élections départementales et régionales [...] pour bien rappeler à chacun ses obligations".

Désireux de défendre son gouvernement, fréquemment pointé du doigt pour la privatisation croissante des services publics, Gérald Darmanin met en avant le code des marchés publics, auquel il "ne peut pas se soustraire".

Après avoir condamné "fermement" ces manquements et présenté "les excuses du gouvernement", le ministre a annoncé qu’il allait convoquer la société Adrexo dans les prochains jours pour faire la lumière sur l'affaire.

Léa Marie