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Le gouvernement "adore les crises": Debré fustige les hésitations de l'exécutif sur les régionales

Auteur d'un rapport sur l'organisation des élections départementales et régionales en période de Covid-19, Jean-Louis Debré a fait part ce mardi sur BFMTV de son incompréhension vis-à-vis de la stratégie gouvernementale.

Jean-Louis Debré dénonce une "politique de la gribouille" au sommet de l'État. L'ex-président du Conseil constitutionnel, chargé d'un rapport sur l'organisation des élections départementales et régionales en temps de Covid-19, a dénoncé ce mardi les atermoiements de l'exécutif en la matière. "On est au jour le jour, on ne sait pas ce qu'on veut, on change", a déploré l'ancien ministre.

Après une nouvelle consultation des maires, Jean Castex doit finalement annoncer ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale sa volonté d'organiser les scrutins en juin, mais avec une semaine de décalage, les dimanches 20 et 27 juin.

Le gouvernement "adore les crises"

"Il y avait un consensus général de tous les partis politiques, de toutes les formations parlementaires, de toutes les associations d'élus, tout le monde était d'accord", estime Jean-Louis Debré.

"Je trouve ça fascinant cette capacité du gouvernement actuel de créer des problèmes là où il n'y en a pas", poursuit-il. "Il voulait rajouter une crise politique à la crise sanitaire parce qu'il adore les crises."

"On ne confine pas la démocratie"

Pour Jean-Louis Debré, "on peut très bien aller voter deux dimanches de suite". D'autant plus quand on prend en compte le calendrier annoncé par Emmanuel Macron lors de sa récente allocution télévisée, au cours de laquelle il a évoqué de possibles réouvertures dans les prochaines semaines.

"Vous ne pouvez pas d'un côté annoncer qu'à la mi-mai on va rouvrir les restaurants, les bars, les commerces, les musées et dire qu'on ne peut pas organiser les élections", rétorque l'ancien membre du Conseil constitutionnel.

"La plupart des pays européens ont organisé les élections aux dates convenues et tout d'un coup en France, on cherche à modifier le consensus", poursuit-il. "Faisons comme tous les pays européens, assumons nos élections, on ne confine pas la démocratie. (...) Faisons en sorte de ne pas trouver des prétextes pour baillôner l'expression du suffrage universel."

M.D.