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Primaire LR: Xavier Bertrand joue l'équilibriste

Xavier Bertrand sur notre antenne ce lundi.

Xavier Bertrand sur notre antenne ce lundi. - BFMTV

Si Xavier Bertrand continue de faire cavalier seul en refusant toujours de participer à la primaire de la droite, il multiplie les signes d'amour vis-à-vis de son ancien parti.

Un pied dedans, un pied dehors. Hier sur BFMTV, Xavier Bertrand a encore affirmé ne pas vouloir participer à la primaire. Tout en assurant ses arrières.

"Je n'imagine pas y aller sans le soutien de ma famille politique", a ainsi assuré le patron de la région Hauts-de-France.

Le coup de poker de Xavier Bertrand

C'est que la situation se complique pour l'ex-ministre du Travail. Xavier Bertrand espérait bien s'imposer par les sondages pour plier le match et pousser son parti à ne pas organiser de primaire. C'est d'ailleurs pour cette raison que, dès la campagne des régionales, le Nordiste joue carte sur table en annonçant sa candidature à la présidentielle.

Valérie Pécresse, elle, fait alors l'exact contraire.

"Je ne me pose pas la question d'être candidate à l'élection présidentielle. Les enjeux des régionales sont trop importantes", juge alors la patronne de la région Île-de-France au printemps 2020.

Mais partir très tôt n'aura pas suffi pour convaincre. Dans un sondage IFOP publié par le JDD dimanche 12 septembre, il fait jeu égal avec Valérie Pécresse. 72% des sympathisants de droite pourraient voter pour l'un ou l'autre au premier tour.

Recoller les morceaux avec les LR

Changement de stratégie donc ces derniers jours. Xavier Bertrand ne veut toujours pas aller à la primaire mais se rappelle au bon souvenir de son ancien parti. Il fait ainsi un détour par les journées d'été du parti à Nîmes et prend même le temps de dîner avec tous les candidats.

Le lendemain, il monte à la tribune. "Parce que j'ai quitté le parti, je dois faire plus d'efforts que d'autres", explique alors le président de région. Et d'ajouter un mot pour chaque participant.

"Valérie (Pécresse) avec son talent, les connaissances de Philippe (Juvin), la détermination d'Eric (Ciotti)..."

Ne pas apparaître comme le diviseur de la droite

Mais sur le fond, pas de changement. Un positionnement de plus en plus difficile à tenir, le candidat risquant d'apparaître comme le diviseur de son camp.

"Deux candidats de droite sur la ligne de départ, c'est l'assurance d'une lutte fratricide", expliquait ainsi Jean-François Copé au micro de BFMTV la semaine dernière.

En attendant, Xavier Bertrand tente de prendre de la hauteur. Emmanuel Macron sera aujourd'hui en déplacement à Roubaix pour clôturer le Beauvau de la sécurité avec le président des Hauts-de-France à ses côtés. Demain c'est à son tour de présenter des propositions sur le sujet.

Une façon de faire jeu égal avec le locataire de l'Elysée et d'enjamber les épreuves à venir.

Matthieu Croissandeau, avec Marie-Pierre Bourgeois