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Présidentielle 2022: pourquoi Xavier Bertrand officialise-t-il maintenant sa candidature?

Xavier Bertrand le 19 octobre 2020 lors d'une réunion à Bercy à propos de l'usine Bridgestone

Xavier Bertrand le 19 octobre 2020 lors d'une réunion à Bercy à propos de l'usine Bridgestone - ERIC PIERMONT © 2019 AFP

La candidature du président de la région Hauts-de-France, qui ne faisait guère de doute, a surpris par son calendrier.

Cela fait de longs mois que Xavier Bertrand laboure le terrain, mais son annonce officielle de candidature, survenue mercredi dans un entretien au Point, était pour le moins inattendue.

"Oui, je serai candidat. (...) Je suis totalement déterminé", assure l'ex-membre Les Républicains (LR), interrogé par l'hebdomadaire sur ses ambitions présidentielles qui ne laissaient que peu de place au doute. "Je ne participerai pas à une primaire" de la droite si d'aventure un tel processus était mis en place, a-t-il ajouté.

Xavier Bertrand rejoint ainsi Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans la liste encore restreinte des candidats déclarés à la succession d'Emmanuel Macron à l'Élysée.

Un calendrier qui interroge, alors qu'aucun candidat n'est pour l'heure désigné à droite et que des voix s'élèvent pour l'organisation d'une primaire, à l'image du sénateur Bruno Retailleau. De surcroît, le président sortant de la région Hauts-de-France mettra en jeu sa réélection lors du scrutin (pour l'instant) prévu en juin après avoir été reporté une première fois.

"Sa région est confinée depuis quatre jours, ses hôpitaux dégueulent", a réagi auprès de Politico un conseiller à l'Élysée sous couvert d'anonymat, faisant part également de sa "stupéfaction".

"Course de vitesse"

Pour l'éditorialiste politique de BFMTV Mathieu Croissandeau, cette annonce anticipée est destinée à faire face à "une forme de course de vitesse dans son propre camp face à d'autres candidats potentiels".

"Est-ce qu'il y a un bon moment? La pandémie, c'est peut-être pas le bon moment mais ça risque de durer. Les régionales? C'est peut-être pas le bon moment parce qu'on sait qu'il doit se présenter à la présidence des Hauts-de-France, dont il est aujourd'hui président, mais est-ce qu'elles se tiendront?", ajoute l'éditorialiste.

Un avis du Conseil scientifique est attendu ce dimanche quant à la tenue du scrutin couplé aux départementales, les 13 et 20 juin prochains.

"À droite, on ne peut pas rester dans cette incertitude. Les Français ne veulent pas du duel Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, alors il dit 'j'incarne l'alternative'", estime le député LR des Bouches-du-Rhône Éric Diard, soutien de Xavier Bertrand, dans Le Parisien, .

"On ne va pas se faire voler la présidentielle par le Covid"

Pour Julien Dive, député LR de l'Aisne, cette annonce est "un pied de nez" car "tout le monde s'attendait à une sortie en septembre", justifie-t-il dans Le Monde. "C'est un moyen de rappeler que la présidentielle ne se fait pas à la dernière minute, il faut savoir cranter les choses", revendique le parlementaire, qui poursuit: "On ne va pas se faire voler la présidentielle par le Covid."

Parmi les détracteurs du président des Hauts-de-France, cette annonce est "un aveu de faiblesse et de fébrilité", cingle un élu dans les colonnes du quotidien du soir.

Selon un proche de Xavier Bertrand, qui s'est confié à Politico, cette annonce inattendue par son tempo est destinée à "creuser l'écart" avec ses potentiels concurrents à droite, et éviter que Nicolas Sarkozy et François Baroin ne prennent la tangente et "partent chez Macron", confessant "une inquiétude".

Dans un sondage publié en janvier dernier, commandé par le cabinet CommStrat et le quotidien L'Opinion, Xavier Bertrand, alors candidat putatif à la présidentielle, se démarquait avec 16% des intentions de vote au premier tour à droite, contre 14% pour Valérie Pécresse.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV