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La semaine décisive de François Fillon

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier

Penelope et François Fillon lors du meeting du candidat LR à la présidentielle, dimanche 29 janvier - Eric FEFERBERG / AFP

Dimanche, François Fillon devait donner une nouvelle impulsion à sa campagne. Près d'une semaine après les révélations du Canard Enchaîné, les prochains jours s'annoncent décisifs pour le candidat qui compte bien poursuivre sa campagne comme prévu.

Après les révélations sur les soupçons d'emploi fictif visant son épouse, François Fillon tente d'organiser sa défense. Entendu lundi par la justice ainsi que sa femme Penelope Fillon, le candidat compte suivre son agenda malgré une baisse de popularité et des divisions chez Les Républicains.

Sa popularité en chute

La popularité de François Fillon pourrait bien souffrir de ces révélations. Le candidat s'est régulièrement positionné comme le représentant de la morale et de l'exemplarité en politique.

D'après une enquête Franceinfo réalisée jeudi dernier, 61% des sondés ont une mauvaise image du candidat. Pour la présidentielle et d'après un sondage publié dimanche, François Fillon se trouve désormais au coude-à-coude avec Emmanuel Macron: 21% des personnes interrogées accordent leur vote au premier tour au candidat En Marche! contre 22% au candidat LR (25,7% le 22 janvier). 

Questions sur sa défense

Pour se défendre après ces révélations, François Fillon et son camp ont semblé hésiter dans la stratégie à suivre. Le 25 janvier, au lendemain des révélations du Canard Enchaîné, Bernard Accoyer, ex-président LR de l'Assemblée nationale assurait qu'il avait "souvent vu" Penelope Fillon "participer à des travaux" avec François Fillon au sein de l'hémicycle. Une déclaration contredite jeudi soir par le candidat lui-même sur TF1, qui a précisé que sa femme n'allait pas à l'Assemblée.

Penelope Fillon assurait au Bien public en octobre 2016: "Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari". Toute la semaine, les défenses hasardeuses se sont poursuivies. Dimanche, Gérard Larcher, a estimé que l'épouse du candidat représentait "l'un des rares cas où les femmes sont mieux payées, c'est un motif de fierté". 

Des divisions internes menaçantes

Cette riposte n'est pas facilitée par les divisions déjà existantes au sein du camp du candidat. Mi-janvier, Rachida Dati était furieuse que François Fillon attribue sa circonscription parisienne à Nathalie Kosciusko-Morizet. Selon le Canard Enchaîné, elle aurait menacé :

"Si Fillon donne sa circo à NKM, ce sera la guerre, et faites gaffe, j'ai des munitions, je vais lui pourrir sa campagne".

En plus de cette déclaration, l'exhumation de vieux tweets de Rachida Dati n'a pas du rassurer François Fillon. En 2014, la maire du 7e arrondissement de Paris réclamait à François Fillon de la transparence "sur ses frais" évoquant des "méthodes de voyous". 

Et au sein du parti Les Républicains, François Fillon ne manque pas d'autres adversaires. Début janvier, il était critiqué sur le volet social de son programme jusque dans son propre camp

Ce lundi, le couple Fillon était entendu par la justice dans le cadre de l'enquête du parquet financier après les révélations du Canard enchaîné. Une autre affaire dévoilée par Mediapart sur des détournements de fonds du Sénat, pourrait l'inquiéter. Malgré le contexte, le candidat compte bien poursuivre sa campagne et dès ce mardi, il reprendra les activités prévues à son agenda.

Mardi en début d'après-midi, à l'instar des autres candidats à l'élection présidentielle, il est censé passer un "grand oral" sur le thème du logement devant la Fondation Abbé-Pierre, mais pourrait ne pas s'y rendre. 

Dans la soirée, il est ensuite attendu à l'Hôtel Westin Paris Vendôme pour une intervention sur le thème de l'économie française en Europe. 

Mélanie Longuet