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Comment Fillon tente d'esquiver les concerts de casseroles

François Fillon a changé de train ce lundi pour éviter le comité d’accueil d’opposants qui l’attentait au Croisic, en Loire-Atlantique. Un changement de dernière minute qui illustre parfaitement les difficultés du candidat de la droite à faire campagne.

Cette fois, il a réussi à les semer. Sur le quai de la gare du Croisic, ce lundi midi en Loire-Atlantique, un groupe de manifestants attend François Fillon de pied ferme. Prêts à tambouriner sur leurs casseroles sitôt le candidat de la droite descendu de son train. Mais manque de chance pour ses détracteurs (et ses quelques partisans), pas de François Fillon en vue à l’heure dite: l’ex-Premier ministre a tout simplement changé son itinéraire. Il a opté pour un TGV à destination de Nantes, puis un trajet en voiture jusqu’à la station balnéaire.

En revanche, François Fillon ne peut échapper à un autre comité d’accueil, comme l’a constaté un journaliste de Presse-Océan. A son arrivée au port de La Turballe, où il participe un peu plus tard à une rencontre avec des pêcheurs, le tintamarre des casseroles reprend de plus belle.

"Des manifestants politisés", pour Fillon

La scène résume bien le calvaire qu’est devenue la campagne de l’ancien chef du gouvernement depuis fin janvier et les révélations autour du "Penelopegate". A chacun de ses déplacements, François Fillon se heurte à des rassemblements et aux insultes de perturbateurs échaudés par ses démêlés judiciaires.

Beaucoup d’entre eux sont des syndicalistes ou des militants politiques, ce que ne manque jamais de noter François Fillon. "Des manifestants politisés, soit du Parti socialiste, soit de l’extrême gauche", a-t-il par exemple dénoncé lors de son déplacement chahuté à La Réunion en février. Une manière de relativiser l’étendue des dégâts dans l’opinion.

Eviter les fuites

Il n’empêche que la campagne Fillon est devenue une partie de cache-cache permanente. Pour éviter la confrontation avec d’éventuels opposants, l’équipe du candidat de la droite est contrainte d’utiliser plusieurs stratagèmes. La visite-éclair, par exemple. François Fillon effectue un déplacement au pas de course, en limitant au maximum le contact avec le public, comme lors de son passage au Salon international de la machine agricole, organisé il y a deux semaines à Villepinte, au nord de Paris.

Autre solution, plus radicale, l’annulation pure et simple de certains déplacements. Ainsi le candidat de Les Républicains a-t-il annulé la visite qu’il était censé faire à Saint-Nazaire ce lundi. En outre, les conseillers de François Fillon ne communiqueront plus à l’avance l’adresse des visites du candidat, ceci afin d'éviter les fuites, note Le Monde ce lundi.

Une décision prise après le voyage mouvementé du l’ex-Premier ministre au Pays basque samedi dernier, selon le quotidien. A Cambo-les-Bains, le champion de la droite avait eu droit aux habituelles casseroles et slogans hostiles ("Fillon en prison") mais aussi à des jets d’œufs. A quoi François Fillon avait répliqué:

"Plus ils manifesteront, plus les Français me soutiendront".

Ce qui n’empêche manifestement pas son entourage de prendre toujours plus de précautions.

Ghislain de Violet