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"Un effondrement des valeurs": l'alliance entre Gérard Collomb et la droite sous le feu des critiques

Le maire de Lyon a annoncé jeudi se retirer de l'élection à la Métropole au profit de François-Noël Buffet, le candidat LR. Un accord qui fait grincer des dents dans son propre camp.

Du parti socialiste aux Républicains, Gérard Collomb a opéré un virage à 180 degrés jeudi. L'actuel maire de Lyon, candidat à la présidence de la Métropole, a surpris jeudi en annonçant une alliance avec la droite lyonnaise pour les élections municipales et métropolitaines. 

L'ancien ministre de l'Intérieur a accepté de se retirer au profit du sénateur et candidat LR François-Noël Buffet pour la Métropole de Lyon. A l'inverse, dans la course à la mairie, le candidat LR Etienne Blanc, bras droit de Laurent Wauquiez à la région, a laissé sa place à Yann Cucherat. 

Un "effondrement des valeurs"

Cette alliance improbable a immédiatement suscité des critiques. Et les plus vives sont venus des anciens compagnons de route de Gérard Collomb. "Franchement, c'est contre-nature (...) il tourne le dos à un certain nombre de valeurs", a réagi jeudi Georges Képénékian, premier adjoint du maire et candidat à la mairie. 

Jean-Louis Touraine, bras droit du maire pendant 13 ans, n'a également pas caché sa déception. "J'assiste avec une profonde tristesse à l'effondrement des valeurs de Gérard Collomb", a-t-il commenté. 

"Je suis extrêmement affecté. Gérard Collomb m'a fait naître et grandir politiquement. il m'a éveillé à des valeurs de gauche. je regrette aussi que Gérard Collomb veuille absolument gagner, mais je ne veux pas qu'il gagne à n'importe quel prix", a prévenu Bernard Bochard, maire du 5e arrondissement de Lyon. 

Une décision égoïste

Au sein du gouvernement aussi, le choix fait débat. Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a estimé ce vendredi matin "que ce choix politique perd (Gérard Collomb) dans le champ politique. Dans cette attitude, il se perd lui-même". 

"Qu'il fasse le choix d'une droite avec laquelle je ne partage aucune valeur, celle de Laurent Wauquiez, cela me déçoit très profondément", a reconnu pour sa part Sybeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement au micro de BFMTV-RMC. Elle dénonce notamment l'"égoïsme" et "le refus du rassemblement de notre propre famille avec Georges Képénékian et David Kimelfeld". 

De leur coté, les écologistes se frottent les mains. Selon eux, il n'en fallait pas tant pour polariser le débat du second tour des élections municipales et métropolitaines. 

"Cette alliance clarifie les choses. Les grands Lyonnais ont désormais le choix entre cette coalition anti-climat et sans projet politique, et les listes écologistes ouvertes à toutes celles et tous ceux qui ont compris les enjeux d'aujourd'hui", a affirmé Bruno Bernard, candidat EELV à la métropole.

Benjamin Rieth