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Municipales: le bilan des mairies FN de 1995

Jacques Bompard est le seul des maires élus sous la bannière FN en 1995 à être encore en poste

Jacques Bompard est le seul des maires élus sous la bannière FN en 1995 à être encore en poste - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

En 1995, le FN s'était maintenu dans 119 des 120 villes de plus de 30.000 habitants et emporté 4 villes. A cette époque le parti de Jean-Marie Le Pen est sur la pente ascendante. Que reste-t-il de ces municipalités FN alors qu'en 2014 d'autres pourraient suivre le même chemin.

Lorsqu'on le questionne sur les difficultés de gestion des maires FN par le passé, Steeve Briois, élu au premier tour à Hénin-Beaumont, prend l'exemple de Jacques Bompard, ex-FN et membre de la Ligue du Sud, réélu à Orange. Il faisait partie de ces maires élus en 1995 sous la bannière FN, pré-guerre ouverte entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret (en 1997).

Le FN emporte au milieu des années 90, Marignane, Orange, Toulon ou Vitrolles. Problème, la gestion de ces mairies se termine mal… en général. "Il y a avait un déficit de compétence", assure la politologue Virginie Martin. "Surtout, ces victoires n'ont servi le FN qu'à court terme".

"Il y a eu des maires indélicats", admet Marine Le Pen. "Nous nous en sommes d'ailleurs séparés, à la différence de beaucoup de socialistes et d'UMP. Ils les gardent, eux... Nous, on les vire!", disait-elle le 21 février. Tour d'horizon avant le second tour des municipales 2014.

> Toulon

Jean-Marie Le Chevallier a connu les grandeurs de la victoire en 1995 avant de se retrouver seul, lâché par le FN et battu dès le premier tour en 2001. Il reste aujourd'hui peu des "vestiges" de la municipalité frontiste, bien qu'un carrefour demeure baptisé à la gloire du général Salan, natif des environs, chef de l'OAS et putschiste contre De Gaulle.

"Il y a avait une volonté de créer des racines, de mettre en place une sorte de nationalisme local", explique à BFMTV Julien Carboni, de la Ligue des droits de l'homme. Dans le même temps, l'épouse du maire, Cendrine Le Chevallier, nommée adjointe à la jeunesse, supprime à l'époque les subventions à destination des quartiers défavorisés de la ville ou encore pour le club de musique.

Jean-Marie Le Chevallier, lui, est condamné en 2001 à un an de prison avec sursis et à 100.000 francs d'amende (15.000 euros) pour détournement de fonds publics et complicité d'abus de confiance. La raison? Un emploi fictif au sein de l'association Jeunesse toulonnaise, portée par sa femme, qui servait "à fabriquer de petits Français", selon Claude Gauthier, journaliste à La Marseillaise. Le couple laisse aussi une ardoise de 3 millions d'euros à la municipalité suivante.

> Orange

Il est le seul encore en place, malgré son exclusion du FN. Jacques Bompard, élu en 1995 à Orange, dans le Vaucluse, est reconduit dès le premier tour en 2001, en 2008 puis en 2014 grâce à un programme axé sur "l'embellissement de la ville et la baisse des impôts". Une recette qui fonctionne puisqu'il est aussi député depuis 2012.

En 1995, "le centre social a été accusé de retenir les populations immigrées dans la ville", témoigne l'ancienne directrice du lieu dans le quartier de l'Aygues. "Elle ne voulait pas travailler avec nous, c'était un lieu islamisé dans la ville" s'était défendu Jacques Bompard devant les caméras de BFMTV fin 2013.

En octobre 2013, Jacques Bompard a été renvoyé devant la justice dans une affaire de prise illégale d’intérêts. L’enquête a démontré que la commune vendait des biens immobiliers, ensuite rachetés par les intéressés par le biais de sociétés civiles immobilières, qui réalisaient ensuite des plus-values importantes lors de la revente.

> Marignane

Daniel Simonpieri a fait deux mandats à Marignane. Elu dans la vague de 1995 sous la bannière FN, il double la mise en 2001 sous l'étiquette MNR de Bruno Mégret. En 2004, il rallie l'UMP. Sans mandat électif désormais, il reste chargé des comptes de campagne du candidat FN à Marignane, René Amodru.

Sa gestion de la ville, jugée "plus pragmatique qu'idéologique" par le chercheur Gilles Ivaldi dans un article du Monde, lui vaudra malgré tout une condamnation à de la prison avec sursis en 2011 dans un dossier de favoritisme, fausses factures et emploi fictif.

> Vitrolles

A Vitrolles, Bruno Mégret occupe le terrain à l'époque. Rendu inéligible en 1995 après l'invalidation de ses comptes de campagne, il propulse son épouse Catherine sur le devant de la scène. Leur première mesure? Doter la police municipale, forte de 80 hommes pour 30.000 habitants, de chaussures rangers.

Surtout, le couple Mégret mettre en place à l'échelon local la "préference nationale", chère au FN. Aux couples qui donnent naissance "à un petit Français", la municipalité offre alors la somme de 5.000 francs (750 euros). Le candidat de 2014 assure que cette "idée", pour laquelle Catherine Mégret a été condamnée, n'est plus d'actualité.

En 2010, Bruno Mégret, diplômé de X-Ponts, réintègre son corps d'origine, et devient inspecteur des services au ministère du Développement durable. Sa scission d'avec Jean-Marie Le Pen en 1999 lui aura été fatale en politique.

>> Municipales 2014: les sondages

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