BFMTV

Avec Dimitri Sydor, 28 ans, "adopte un maire"

A 28 ans, Dimitri Sydor va défier l'ancien ministre François Baroin dans la ville de Troyes.

A 28 ans, Dimitri Sydor va défier l'ancien ministre François Baroin dans la ville de Troyes. - -

NOUVELLE TETE #8 - Outre ses 35 heures hebdomadaires en tant que conseiller d'éducation, Dimitri Sydor (PS) mène une campagne ambitieuse à Troyes dans l'Aube. Il y défiera l'ancien l'ancien ministre UMP François Baroin.

>> Dans quelques mois, ils seront maires, conseillers municipaux, auront pris du poids dans leur parti, ou seront de retour à la case départ. BFMTV.com dresse une série de portraits des jeunes pousses des municipales. Voici le huitième épisode.

A 28 ans, Dimitri Sydor (PS) va tenter de ravir la ville de Troyes à un poids lourd de la politique, en la personne de François Baroin (UMP). Conseiller principal d'éducation à la ville, celui qui se réclame de l'aile gauche du Parti socialiste s'est déjà fait remarqué par une communication audacieuse, avec notamment la campagne "adopte un maire". Entretien.

De quand date votre engagement en politique?

Je suis entré au PS en 2004 ou 2005. J’avais commencé par le Mouvement des jeunes socialistes, dont j’ai été secrétaire national. Mais mon réel engagement date de 2002.

Un événement en particulier a décidé de votre engagement?

Lors de l’élection présidentielle de 2002, je n’avais pas le droit de vote. Mais la disqualification du candidat de gauche (Lionel Jospin, ndlr) a été le déclic. Le fait de ne pas avoir, en France, le choix du "camp du progrès" m’a décidé. Et j’ai pris la décision de m’engager en politique une fois mon bac en poche.

> SES MODELES EN POLITIQUE

Quelles sont vos "grandes figures" politiques?

Parmi les figures historiques, je pourrais citer Jean Jaurès ou Pierre Mendès France. Mais aussi le philosophe Alain, qui a repoussé les limites de la pensée politique. Localement, je pense à Albert Danilo, l'ancien patron de la fédération PS de l’Aube, que j’admire beaucoup.

De quelles personnalités politiques êtes-vous proche?

Je suis assez proche d’Olivier Girardin, le maire de La Chapelle Saint-Luc et premier secrétaire fédéral du PS. Au niveau national, je dirais Benoît Hamon, que j’apprécie autant que son action au gouvernement.

Qui vous a mis le pied à l’étrier?

Jaïm Myara, qui m’a accueilli au parti et qui m’a fait confiance. D’abord en me permettant d’écrire dans le bulletin de la fédération, puis en me proposant la troisième place sur la liste socialiste aux élections municipales de 2008. Je pense également à Jean-Yves Joly, avec qui j’ai fait mes classes, et qui est malheureusement décédé il y a trois ans.

> SON AGENDA

Qui vous a poussé à être candidat?

Moi-même. Certains de mes camarades étaient pour, d’autres contre. En face, il n’y a pas le candidat le plus simple de France (François Baroin). D’autres noms que le mien circulaient, certains avaient plus d’expérience, d’autres maîtrisaient mieux certains dossiers techniques, etc.

J’ai pris ma décision il y a un an, ma conviction étant que l’on avait trop souvent changé de tête de liste lors des précédentes élections. Quand j’ai pris cette décision, j’en ai déçu certains. Mais la politique est la science du choix…

De quoi vit-on quand on fait campagne?

Je vis de mon travail, que j’exerce à plein temps. Je suis conseiller principal d’éducation dans un lycée professionnel. Ma mère est ouvrière, mon père charcutier. Cela m’a aidé à ne pas céder aux sirènes de la politique, qui auraient pu m’amener à travailler dans un cabinet, etc. Cela me donne une certaine indépendance par rapport au parti. Je fais mes 35 heures par semaine: la campagne me permet de déconnecter du boulot, et le boulot me permet de déconnecter de la campagne (sourire).

Quelle est votre vision de la campagne?

J’ai surtout l’impression d’être seul en campagne! Certains se sont déclarés, mais ils refusent le débat, comme François Baroin. Il a d’ailleurs cette habitude: dans sa position de sortant, il préfère préserver son image garantie par une couverture nationale plutôt que risquer de l’écorner avec les médias locaux. Il veut sauvegarder son capital voix.

Concernant ma propre campagne, nous avons voulu innover, pas pour faire du jeunisme, mais parce que notre communication permet de porter le fond de notre message.

Un dossier que vous portez tout particulièrement?

Troyes est restée sur le bord de la route en ce qui concerne l’économie sociale et solidaire. Il n’y a pas aucune incitation à ce type d’initiative, alors que ce pan de l’économie mérite d’être développé. Cela représente tout de même 10% du PIB national, et 10% de l’emploi!

>> Voir son programme

Qui travaille avec vous?

Nous avons vraiment une super équipe, avec qui l’on travaille tout en se faisant plaisir. Au total, mon comité de campagne compte une douzaine de personnes, épaulées par des militants. Nous avons, entre autres, un super infographiste et une directrice de campagne qui est également une ex-directrice territoriale de la Ville de Troyes. Cela nous permet de maîtriser parfaitement les dossiers.

Vous vous voyez où dans trois mois?

Je me vois bien dans mon établissement, en train de faire mes cartons. Et le reste du temps, maire de Troyes! (sourire)

Et dans 10 ans?

(Il hésite) Je ne pense pas à la présidence de la République en me rasant… Alors peut-être maire de Troyes, ou proviseur!

Yann Duvert