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Nantes: Johanna Rolland, dans l'ombre de Jean-Marc Ayrault

Johanna Rolland, 34 ans, est la candidate du PS à Nantes, dirigée par Jean-Marc Ayrault depuis 1989.

Johanna Rolland, 34 ans, est la candidate du PS à Nantes, dirigée par Jean-Marc Ayrault depuis 1989. - -

NOUVELLE TETE #3 - A Nantes, la dauphine de Jean-Marc Ayrault espère reprendre la tête de la ville, tout en se démarquant de son mentor.

>> Dans quelques mois, ils seront maires, conseillers municipaux, auront pris du poids dans leur parti, ou seront de retour à la case départ. BFMTV.com dresse une série de portraits des jeunes pousses des municipales. Voici le troisième épisode.

Difficile de s’affranchir d’une figure tutélaire comme celle de Jean-Marc Ayrault. A 34 ans, Johanna Rolland est la candidate du PS à Nantes, une ville dirigée par le Premier ministre depuis 25 ans. Mais la jeune femme, passée par Sciences Po et la coopération internationale, n’a pas l’intention de laisser son mentor lui faire de l’ombre durant sa campagne. Entretien.

De quand date votre engagement en politique?

Mon egagement date de 2004, c'est le moment où j'ai adhéré au PS. Avant, j'ai travaillé quelques années dans la coopération internationale, en Bosnie puis en Afrique du Sud. Je suis rentrée en 2004 à Nantes, et je suis devenue attachée parlementaire de Jean-Marc Ayrault.

Un événement en particulier a décidé de votre engagement?

Pas un évènement en particulier. Jeune, j'ai été engagée dans la vie associative, sportive et la coopération internationale. La politique est la suite de cet investissement. Pour moi, ce n'est pas une fin en soi, mais un moyen.

> SES MODÈLES EN POLITIQUE

Quelles sont vos "grandes figures" politiques?

Si je devais n'en citer qu'une, ce serait Robert Badinter. Selon moi, c'est celui qui incarne le courage en politique.

De quelles personnalités politiques êtes-vous proche?

Je ne peux pas en citer une plutôt qu'une autre...

Qui vous a mis le pied à l’étrier?

D'abord Jean-Marc Ayrault. Le fait d'avoir travaillé avec lui m'a mis le pied à l'étrier. C'est l'un des premiers qui m'a fait confiance. Moins connu mais tout aussi important, Patrick Maréchal, l'ancien président du Conseil général de Loire-Atlantique. J'ai pris la suite du canton qu'il dirigeait. Il voulait une femme, appartenant à une génération différente, et une élue de terrain pour un canton populaire.

Quelles relations entretenez-vous avec Jean-Marc Ayrault?

Nous avons une vraie relation de confiance. Je continue à avoir des échanges de fond avec lui, je fais partie des gens qu'il appelle régulièrement pour demander comment cela se passe sur le terrain, quels sont les retours des habitants, etc. Lorsqu'on a été maire d'une grande ville si longtemps, on ne cesse pas de s'y intéresser du jour au lendemain.

J'assume à 100% notre bilan, mais ma campagne repose aussi sur un nouveau cycle, l'idée qu'il faut se renouveler. Progressivement, depuis 2008, Jean-Marc Ayrault a d'ailleurs passé la main pour permettre à une nouvelle génération de prendre le relais.

Qui vous a poussée à être candidate?

Deux types de personnes m'ont poussée à me présenter: d'abord, les élus de mon équipe, de ma génération mais aussi les plus anciens, qui connaissent bien la ville. Et puis il y a aussi les militants du PS, pour qui j'incarne le renouvellement.

Enfin, il y a les Nantais avec qui je travaille, notamment dans les quartiers populaires, qui ne font pas de politique. D'ailleurs, le jour où j'ai annoncé ma candidature, j'ai invité 200 personnes: 100 militants, et 100 personnes issues de la société civile, dont 50 n'avaient jamais été engagés en politique.

> SON AGENDA

De quoi vit-on quand on fait campagne?

En ce moment, je me consacre à 100% à mes mandats d'élue [elle est première adjointe de la ville de Nantes et vice-présidente de Nantes Métropole]. Cela fait quelques temps que je suis détachée de mon poste de conseillère territoriale.

Quelle est votre vision de la campagne?

J'ai fait un choix qui repose sur trois piliers: d'abord ma stratégie consiste à expliquer ma vision du territoire. Ensuite, je base ma campagne sur la coproduction: je veux que mon projet soit coproduit avec les Nantais. Ce n'est pas démagogique, c'est juste que le projet est plus riche si on le construit avec ceux qui font la ville. Et enfin je mise aussi sur le terrain, avec des réunions de quartiers et d'appartements.

Un dossier que vous portez tout particulièrement?

J'ai en charge les grands projets urbains, la politique de la ville, mais aussi l'éducation et la jeunesse. Dans la campagne, je me base sur l'idée d'une alliance entre les grands projets (la nouvelle gare, le CHU...) et des réponses concrètes pour rendre la "ville facile" aux Nantais - comme des modes de garde avec horaires décalés pour la petite enfance par exemple.

Qui travaille avec vous?

Mon équipe de campagne, mais aussi l'ensemble des représentants de la gauche puisque ma liste réunit le Parti radical de gauche (PRG), le Mouvement républicain et citoyen, et l'Union de Bretagne. Enfin, je m'attache toujours à m'entourer de personnes issues de la société civile.

Vous vous voyez où dans trois mois?

Pour l'instant, je ne me pose pas la question. Je consacre mon énergie à convaincre les Nantais, j'espère que dans trois mois je les aurai convaincus!

Et dans 10 ans?

Je ne fais pas partie des gens qui ont un plan de carrière établi. Pour l'instant, ma projection c'est la campagne et le mandat à venir.

Ariane Kujawski