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Julien Sanchez, candidat permanent au FN

Julien Sanchez, candidat FN, le 25 janvier dernier.

Julien Sanchez, candidat FN, le 25 janvier dernier. - -

NOUVELLE TETE #7 - Tous les ans, une élection. Le FN aussi a ses pros de la politique: de jeunes cadres - qui n’ont presque jamais travaillé dans la société civile - et qui vivent déjà de la politique. Julien Sanchez en fait partie. A 30 ans, il est le candidat du Front à Beaucaire pour les municipales.

>> Dans quelques mois, ils seront maires, conseillers municipaux, auront pris du poids dans leur parti, ou seront de retour à la case départ. BFMTV.com dresse une série de portraits des jeunes pousses des municipales. Voici le septième épisode.

Julien Sanchez a 30 ans, mais s’est déjà présenté à neuf élections sous les couleurs du Front national. Une élection par an. Après des études d’économie à la fac de Montpellier, il travaille aujourd’hui au siège du FN, à la communication. Conseiller régional Languedoc-Roussillon, il se présente cette année comme tête de liste FN aux municipales de mars prochain à Beaucaire.

De quand date votre engagement en politique?

J’ai adhéré très vite au Front national, à 16 ans. Mes parents étaient communistes et engagés à la CGT. Mes grands-parents, eux, étaient souverainistes. En famille, nous parlions beaucoup politique. Alors, dès que j’ai eu l’âge d’adhérer, j’y suis allé. Quand mes parents l’ont su, évidemment ils n’ont pas approuvé. Mais il n’y a pas de clash: ce n’était pas leurs idées, c’est tout.

Un événement en particulier a décidé de votre engagement?

A l'époque, un événement m’a beaucoup marqué: quand une eurodéputée FN s’est faite agresser [Marie-France Stirbois, députée européenne de 1994 à 1999 et de 2003 à 2004, a été agressée par des individus cagoulés en 1999, dans sa ville de Villeneuve-Loubet].

Je lui avais écrit et elle m’avait répondu. A 16 ans, j’avais été touché par ce geste. Plus généralement, la franchise des dirigeants du FN m’a séduit. Leur côté franc tranchait avec les politiques de droite et de gauche.

> SES MODELES EN POLITIQUE

Quelles sont vos "grandes figures" politiques?

Se revendiquer de personnages morts depuis des décennies, cela ne me ressemble pas. Je citerai plutôt Jean-Marie Le Pen. Sans lui, il n’y aurait pas de FN, troisième grand parti de France. Et puis comme grande figure historique, il y a Jeanne d’Arc que l’on met en avant au FN comme modèle. Partie de rien, elle est rentrée dans l’histoire avec seulement sa détermination.

Une influence 100% FN donc?

En adhérant à 16 ans, j’ai grandi avec le FN et ses références.

De quelles personnalités politiques êtes-vous proche?

Je me sens proche de Jean-Marie Le Pen et de Marine Le Pen. Quelles sont les personnalités que j’estime dans les autres partis? A gauche, Ségolène Royal. C’est elle qui semble la moins malhonnête au PS. En 2007, elle a mené campagne contre les éléphants de son parti et leurs propos misogynes. A l’UMP, je concède qu’Henri Guaino ne se voile pas la face, même si ses propositions ne sont pas les bonnes. Il pourrait presque adhérer au FN.

Qui vous a mis le pied à l’étrier?

Alain Jamet à Montpellier (Conseiller régional du Languedoc-Roussillon de 1986 à 2010 – président du groupe FN). J’ai été son assistant à 18 ans, quand il a été président du groupe FN au conseil régional. Alain Vizier, directeur de la communication au FN, m’a confié la responsabilité d’Internet au sein du parti.

> SON AGENDA

Qui vous a poussé à être candidat?

C’est moi. J’ai souhaité être candidat. Beaucaire est une ville gagnable. Il fallait une locomotive.

De quoi vit-on quand on fait campagne?

Je travaille au FN et mon salaire n’a pas vocation à être public. Je touche également des indemnités d’élu au conseil régional du Languedoc-Roussillon. Si j’étais élu maire, je démissionnerais de mes fonctions au FN. Est-ce que j’ai déjà travaillé dans le privé? J’ai fait des boulots d’étudiant.

Quelle est votre vision de la campagne?

Il y a une prime dans les médias locaux aux grands partis. Il y a donc une inégalité de traitement dans la presse locale. Nous faisons avec nos petits moyens et nous faisons jeu égal. C’est déjà une fierté.

Un dossier que vous portez tout particulièrement?

Beaucaire est une ville qui connaît de gros problèmes en matière de sécurité. Par exemple, il n’y a pas de police municipale la nuit et cette question de sécurité conditionne tout le reste: le tourisme, etc.

La réhabilitation du centre-ville me tient particulièrement à cœur. Si je suis élu, la mairie fera jouer son droit de préemption pour éviter que les commerces communautaires ne s’installent. On a quand même quatre kébabs dans le centre historique…

30 ans et déjà une casserole?

[Julien Sanchez a été condamné en 2013 par le tribunal correctionnel de Nîmes à 4.000 euros d'amende, dont 1.000 euros avec sursis, pour avoir laissé publier sur son mur Facebook en accès libre des commentaires à connotation raciste de deux internautes.] Dans cette affaire Facebook, j’ai fait appel. On a essayé de me diaboliser. Et oui, c’est un procès politique.

Qui travaille avec vous?

Une cinquantaine de personnes. Tous bénévoles. Mon budget est de 11.000 euros remboursables jusqu’au premier tour, financé par un prêt au FN.

Vous vous voyez où dans trois mois?

A la mairie de Beaucaire, dans la rue à aller voir les commerçants.

Et dans 10 ans?

Je n’ai pas de plan de carrière. J’imagine que je ferai toujours de la politique. Les électeurs décideront. Le mandat de député m’intéresse aussi.

Hélène Favier