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Racisme sur Facebook: un élu FN condamné pour les propos de ses amis

Julien Sanchez, conseiller régional FN, a été condamné en appel pour des propos racistes postés par des tiers sur son mur Facebook.

Julien Sanchez, conseiller régional FN, a été condamné en appel pour des propos racistes postés par des tiers sur son mur Facebook. - -

Julien Sanchez, conseiller régional FN de Languedoc-Roussillon, a été condamné vendredi en appel pour des commentaires racistes postés par des internautes sur sa page Facebook.

Julien Sanchez n'est pas l'auteur de propos racistes sur son profil Facebook, mais ce conseiller régional FN de Languedoc-Roussillon s'est vu confirmer sa condamnation en appel pour avoir laissé figurer sur sa page des commentaires tombant sous le coup de la loi.

Vendredi, l'élu local a été condamné par la cour d'appel de Nîmes à 3.000 euros d'amende. "Une décision politique", juge Julien Sanchez, qui souhaite se pourvoir en cassation. "Cela montre bien la collusion entre l'UMP et le PS qui cherche à me nuire en vue des élections municipales. Mais nous allons les battre et nous allons les dégommer".

Les faits remontent au mois d'octobre 2011 quand deux internautes, Laurent Roux et Stéphane Baudet, avaient posté sur le mur de l'élu des commentaires à connotation raciste à l'encontre du premier adjoint UMP au maire de Nîmes, Franck Proust. Délit pour lequel ils avaient écopé en première instance de 4.000 euros d'amende, dont 3.000 avec sursis.

Condamné en tant "directeur de publication"

Pour motiver la condamnation de ce jeune conseiller régional frontiste, les juges le considèrent comme le "directeur de la publication" de sa propre page Facebook et à ce titre, responsable de tous les propos qui peuvent y être publiés.

A l'audience d'appel, en septembre dernier, Julien Sanchez avait plaidé le manque de temps pour vérifier tous les commentaires laissés sur son mur, arguant qu'il se trouvait en pleine campagne à l'époque des faits. Depuis, l'élu a pris soin de modifier les paramètres de son compte Facebook pour restreindre l'accès à sa page.

Les commentaires incriminés s'en prenaient à la communauté musulmane et à Leila Tella, la compagne de l'eurodéputé UMP Franck Proust, premier adjoint au maire de Nîmes. A l'annonce du jugement, Leila Tella s'est dite "heureuse et soulagée. Cet arrêt montre qu'on ne peut pas dire tout et n'importe comment".

Au palais de justice de Nîmes, une cinquantaine de militants FN avaient déployé vendredi une banderole: "L'UMPS veut nous faire taire. Nous ne céderons pas! A bon entendeur", avant d'entonner la Marseillaise. "Certains ont voulu en faire un procès politique à 6 mois des élections municipales, mais c'est un procès juridique", corrige Me Michèle El Baz. L'avocate de la partie civile tire un principe très simple de ce jugement qui devrait enrichir la jurisprudence Facebook: "Celui qui crée un mur Facebook est responsable de ce qui s'y dit".

A.L.M. avec AFP