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Aurore Bergé: la campagne, "c'est le soir après le boulot"

Aurore Bergé brigue la mairie de Magny-les-Hameaux, dans les Yvelines, sous les couleurs de l'UMP.

Aurore Bergé brigue la mairie de Magny-les-Hameaux, dans les Yvelines, sous les couleurs de l'UMP. - -

NOUVELLE TETE #5 - A 27 ans, Aurore Bergé fait partie des espoirs de l'UMP. Elle tente sa chance à Magny-les-Hameaux, dans les Yvelines.

>> Dans quelques mois, ils seront maires, conseillers municipaux, auront pris du poids dans leur parti, ou seront de retour à la case départ. BFMTV.com dresse une série de portraits des jeunes pousses des municipales. Voici le cinquième épisode.

Aurore Bergé, 27 ans, est la membre la plus jeune de l’équipe nationale de l’UMP. Mais elle n’a pas l’intention de se contenter de faire carrière au sein de son parti: elle se présente donc à la mairie de Magny-les-Hameaux, dans les Yvelines, son département d'origine.

De quand date votre engagement en politique?

C'est le séisme du 21 avril 2002 [Jean-Marie Le Pen se qualifie pour le second tour des élections présidentielles] qui a marqué mon engagement. Je me suis toujours intéressée à la politique, mais ce 21 avril 2002, j'avais 16 ans et j'étais frustrée de ne pas pouvoir voter. Et c'est aussi à ce moment que l'UMP s'est créée.

Un événement en particulier a décidé de votre engagement?

Le 21 avril 2002. Je me serais engagée, tôt ou tard, car c'était en moi depuis longtemps. Mais cette date a été un évènement fondateur.

> SES MODÈLES EN POLITIQUE

Quelles sont vos "grandes figures" politiques?

C'est difficile de répondre à cette question! Il y a certains dont la carrière et le courage sont inspirants, mais de là à se comparer à eux... Margaret Thatcher incarne pour moi le courage politique et de méritocratie. Ce n'est pas un modèle, mais une source d'inspiration. Elle s'est imposée dans univers machiste, et n'a jamais renié ses convictions. Elle s'est faite toute seule grâce à son travail, et n'a jamais rien cédé.

Et puis bien sûr, il y a un avant et un après Nicolas Sarkozy. Il a changé profondément le parti, il l'a modernisé, et ouvert.

De quelles personnalités politiques êtes-vous proche?

De Nicolas Sarkozy, c'est une évidence. Il est inspirant. S'il y en a un qui se détache, c'est lui, par son talent politique et sa capacité d'action. Il y en a d'autres à l'UMP dont je me sens proche, comme Valérie Pécresse ou François Baroin. Au niveau des idées, je me sens à l'aise avec eux.

Qui vous a mis le pied à l’étrier?

Deux personnes: d'abord Pierre Bédier, président du Conseil général des Yvelines et patron de la fédération UMP des Yvelines. En 2005, c'est lui qui me nomme responsable des jeunes UMP dans le département. Il est le premier à m'avoir fait confiance.

Et puis Valérie Pécresse a pris la présidence de la fédération un peu plus tard. Elle aussi m'a fait confiance. Et puis c'est une femme, et dans ce milieu, cela n'a rien d'évident. On a beau parler de loi sur la parité, je ne laisserai jamais personne dire que c'est grâce à ça que j'ai réussi. J'ai travaillé, et Valérie Pécresse l'a vu.

Qui vous a poussée à être candidate?

Personne ne m'a poussée. J'étais engagée à l'UMP depuis plusieurs années, et je voulais une autre forme d'engagement. Un engagement en campagne, un engagement citoyen plus que militant. Pour moi, la politique ne se résume pas à la place que vous occupez dans un parti. Le juge de paix, c'est l'élection.

C'est donc moi qui ait formulé cette envie de politiser mon engagement. Les choses se sont alors faites naturellement: j'ai été diplômée, j'ai commencé à travailler, j'ai quitté le nid familial. Tout ça s'est rejoint et m'a poussée à m'engager. J'ai fait en sorte que mon engagement soit suffisamment solide pour que je sois investie: j'ai monté un projet, réuni des gens... Mais c'est ma décision, ce n'est pas quelqu'un qui me l'a soufflée.

> SON AGENDA

De quoi vit-on quand on fait campagne?

Je travaille à plein temps chez Spintank, une agence de communication web. Mais j'ai toujours scindé les choses en deux: d'un côté, mon travail, de l'autre la politique. Quand je travaille, je laisse la politique à la porte, je fais mon job quoi! Je veille à ne jamais tomber dans la confusion des genres. J'ai un ordinateur professionnel et un ordinateur personnel, et c'est la même chose pour mon téléphone et ma boîte mail. A l'agence, mes collègues connaissent mon engagement, mon parcours. Ils sont bienveillants et plutôt amusés. Et dans l'ensemble, ils s'intéressent tous à la politique.

Ma campagne, je la gère le matin avant le boulot, en passant des appels et calant des rendez-vous, le soir après le boulot j'enchaîne avec des réunions d'appartement, et le week-end je fais du porte-à-porte, de la diffusion. Après, si j'ai une grosse réunion publique ou un évènement important de ce genre, je sais aussi que je peux prendre mon après-midi une fois de temps en temps sans que ça pose problème.

Quelle est votre vision de la campagne?

J'avais du mal à imaginer ce qu'était une campagne avant de mener la mienne. Pourtant, j'en ai fait plusieurs pour les autres, mais je réalise que cela n'a rien à voir quand vous faites la votre. C'est une vraie responsabilité, car vous devez assumer vos propres choix. Si vous vous plantez, c'est votre échec personnel.

Et puis on n'est pas seuls dans une campagne: sur ma liste, on est 29. J'ai donc 28 autres personnes sous ma responsabilité, qui pour la plupart n'avaient jamais envisagé de s'engager en politique. J'ai donc une responsabilité envers eux.

Un dossier que vous portez tout particulièrement?

Deux sujets m'intéressent particulièrement:

L'égalité, et particulièrement l'égalité hommes-femmes. J'ai d'ailleurs écrit un livre sur le sujet [Alter-égales] avec deux autres femmes, une de l'UMP et une du PS. Mais au-delà des femmes, c'est l'égalité en général qui m'intéresse. C'est aussi pour cela que je me suis engagée en faveur du mariage homosexuel.

L'autre sujet qui m'intéresse de plus en plus est lié à mon engagement politique: c'est la politique de la ville, et l'urbanisme. Tout en découle: si vous êtes sur un territoire enclavé, vous serez mal desservi par les transports, cela se ressent ensuite sur les finances de la ville, etc. C'est un sujet essentiel.

>> Son programme

Qui travaille avec vous?

Mes 28 colistiers. La direction de la campagne se fait de façon collégiale. Je ne prends pas de décision sans qu'elle soit validée par les 28 en question. Après tout, il faut qu'on tienne ensemble pendant 6 ans! On a donc besoin de collégialité.

Vous vous voyez où dans trois mois?

J'espère que je serai maire de Magny, c'est quand même le but!

Et dans 10 ans?

Là, je suis incapable de vous répondre! C'est difficile de se projeter comme ça, parce que notre façon de faire de la politique va changer, avec le non-cumul des mandats. Moi, je sais que je ne veux pas être maire pendant 20 ans. Comme dirait Nicolas Sarkozy, "l'énergie qu'on met à durer, on ne l'utilise pas pour agir". Y aura-t-il d'autres mandats, d'autres campagnes? Sûrement, mais il est encore bien trop tôt pour le dire.

Ariane Kujawski