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Européennes: Fabienne Keller défend la liste LaREM, qualifiée de "Foir'Fouille" par Marine Le Pen

La sénatrice Agir du Bas-Rhin, qui figure sur la liste de la majorité, dit vouloir "porter une vision très forte de l'Europe". De quoi inciter les adversaires de LaREM à dénoncer une liste faite "de bric et de broc".

C'est le principal angle d'attaque choisi, pour l'heure, par les adversaires de La République en marche. Intitulée "Renaissance", la liste du parti présidentiel pour les élections européennes se veut une réunion des différentes tendances pro-européennes qui gravitent autour de la macronie. Une tactique qui rappelle le grand écart du candidat Emmanuel Macron lors de la présidentielle, lorsqu'il recueillait les soutiens de Robert Hue et Alain Madelin

Ce mardi sur notre antenne, la sénatrice juppéiste du Bas-Rhin Fabienne Keller, qui a quitté Les Républicains en 2018 pour cofonder le mouvement de centre-droit Agir, a justifié sa présence (en position éligible) sur la liste LaREM. 

"Nous souhaitons porter une vision très forte de l'Europe. Nous sommes convaincus que l'Europe, sur beaucoup de sujets, (...) est la bonne échelle. Donc nous souhaitons porter cette vision, partagée avec le MoDem et La République en marche", a expliqué l'ancienne maire de Strasbourg, citant notamment l'immigration et la croissance économique.

"De bric et de broc"

Fabienne Keller a également tenu - conformément à la stratégie mise en œuvre par LaREM - à défendre la fibre écologiste de sa liste, comme en invoquant la présence de Pascal Canfin, Pascal Durand ou la navigatrice Catherine Chabaud. 

De quoi inciter l'eurodéputé Arnaud Danjean, numéro 3 de la liste LR et ancien proche de l'élue alsacienne, à railler une liste faite "de bric et de broc". Et d'invoquer l'opposition au Parlement européen du groupe Vert, dont Pascal Canfin a été membre pendant plusieurs années, aux textes renforçant le contrôle aux frontières de l'UE. Soit l'un des axes de campagne mis en avant par Emmanuel Macron et ses troupes. 

Pour Le Pen, c'est la "Foir'Fouille"

Sur le thème du manque supposé de cohérence idéologique de la liste LaREM, Marine Le Pen s'en est donnée à cœur joie. En déplacement à Mayotte, la présidente du Rassemblement national a donné son point de vue auprès de BFMTV ce mardi:

"Du peu que j'en ai vu, c’est la Foir'Fouille. On trouve de tout, y compris des profils contradictoires. C’est le célèbre 'en même temps' qui évite d’avoir une ligne politique à défendre et qui permet de faire croire aux gogos qu’on peut défendre tout et l’inverse de tout", a asséné la députée du Pas-de-Calais.

Selon Marine Le Pen, Nathalie Loiseau et Pascal Canfin sont tous deux "européistes" et "fédéralistes" convaincus. "Pas de discussion possible" avec eux, donc. "Moi je suis ravie, on aura l’occasion de discuter avec Mme Loiseau de sa vision", a-t-elle poursuivi, évoquant ensuite la candidature de la future ex-ministre d'Emmanuel Macron lors des élections européennes de 1989.

"Une campagne fourre-tout"

Manuel Bompard, l'un des colistiers de la France Insoumise, a lui aussi pointé du doigt "des difficultés de cohérence" dans la liste de la République en Marche. "En mettant sur la liste l'écologiste Pascal Confin et un responsable de la FNSEA, je pense qu'il va y avoir quelques divergences politiques", a-t-il ironisé sur notre antenne.

Une vision partagée par Yannick Jadot. Sur notre antenne ce mardi soir, la tête de liste EELV a prédit une "campagne fourre-tout" d''En Marche. "Et à la fin, on sait comment ça se passe, le président de la République arbitre toujours pour le Vieux-Monde, pour les lobbys qui polluent, pour la rente", a-t-il estimé. 

Jordan Bardella, tête de liste RN aux européennes, a quant à lui estimé que Nathalie Loiseau représentait "tout ce qui ne fonctionne pas dans l'Union Européenne", l'accusant d'être trop "technocrate" et "vivre trop loin des réalités populaires. "Les Français aujourd'hui n'attendent pas une ancienne directrice de l'ENA, ils attendent une politique qui comprenne leurs préoccupations".

Dans une archive déterrée par le Huffington Post, l'on voit effectivement Nathalie Loiseau (qui portait alors son nom de jeune fille) à la 49e place d'une liste fédéraliste qui, à l'époque, est arrivée à la dernière place du podium... avec 0,17%.

Jules Pecnard