BFMTV

Égalité des chances: les mesures d'Emmanuel Macron pour compenser le maintien de l'ENA

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, le 4 février 2021 à Paris

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, le 4 février 2021 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Ce jeudi, le chef de l'État sera à Nantes, où il rencontrera des étudiants inscrits en classe préparatoire pour les écoles de l'administration. Il y dessinera les contours des nouveaux concours "talents".

Ce jeudi à Nantes, Emmanuel Macron est censé promouvoir l'accès des étudiants moins favorisés aux écoles de la fonction publique, afin d'y introduire davantage de diversité sociale. C'est du moins ce qu'explique l'Elysée, car le chef de l'État doit surtout y formaliser une annonce révélée mardi par BFMTV: son renoncement à supprimer l'École nationale d'administration (ENA).

La promesse, lancée lors de sa conférence de presse élyséenne du 25 avril 2019, censée répondre à la crise des gilets jaunes, doit donc se transformer en mesures palliatives. Selon nos informations, Emmanuel Macron prévoit d'annoncer un assouplissement des conditions d'accès à l'ENA, ainsi qu'aux autres écoles de formation de la haute administration française.

Concours "talents"

L'une des annonces figurait déjà dans le projet de loi de finances pour 2021, à savoir l'ouverture de 1000 nouvelles places dans les classes préparatoires "talents" destinées aux élèves boursiers. À ce jour, 700 places sont réservées aux boursiers adossées à l'Institut régional d'administration (IRA) ou autres écoles de services publics. Le nombre de places adossées à des facs devrait donc passer à 1700 à partir de 2021.

S'y ajoutent la mise en place d'un seuil minimal de deux classes préparatoires par région, ainsi qu'un doublement de l'allocation "talents" pour promouvoir la diversité dans la fonction publique. Elle doit passer de 2000 à 4000 euros.

Emmanuel Macron devrait par ailleurs annoncer le lancement des concours "talents", réservés aux élèves issus de ces classes préparatoires spécifiques, et dont les lauréats s'ajouteront à ceux des concours externes. Il ne s'agira pas de "quotas", nous explique-t-on, mais de places supplémentaires, à hauteur de 15%.

Enfin, tous les ministères seront priés d'obtenir le label "diversité" d'ici la fin du quinquennat. Aujourd'hui, six l'ont déjà obtenu.

Critères sociaux et territoriaux

Au total, cinq grandes écoles du service public sont concernées. À l'ENA s'ajoutent l'Institut national des études territoriales (INET), l'École nationale supérieure de la Police (ENSP), l'École des hautes études en santé publique (EHESP) et l'École nationale d'administration pénitentiaire (Énap).

Dès l'année prochaine, 40 places seront réservées à l'ENA pour des élèves provenant des filières intégrées et 6 autres via les concours "talents". S'agissant des critères d'admission à ces concours, ils seront de nature sociale et territoriale: les ressources financières et l'excellence académique seront prises en compte, et il sera vivement recommandé d'accueillir des candidats issus de territoires ruraux, d'Outre-mer ou de zones d'éducation prioritaire.

Par Anne Saurat-Dubois avec Jules Pecnard