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Double motion de censure: une première depuis 1980

Édouard Philippe

Édouard Philippe - AFP

Le dépôt simultané de deux motions de censure est un fait rarissime sous la Ve République. Les Républicains et l'alliance de circonstances des partis de gauche n'ont cependant aucune chance de faire tomber le gouvernement.

Point d'orgue de l'offensive à l'Assemblée sur l'affaire Benalla, le gouvernement d'Édouard Philippe fait face mardi à deux motions de censure, de droite et de gauche, fait inédit depuis 1980.

Si le dépôt d'une motion de censure est un fait classique sous la Ve République - plus de cent motions ont été déposées depuis 1958 -, le dernier dépôt simultané de deux textes visant à faire tomber le gouvernement remonte, lui, à l'époque où Raymond Barre était à Matignon.

Outre les circonstances propres à ces motions de censure, réponses parlementaires à l'affaire Benalla, la rareté d'une double motion s'explique par le seuil, aujourd'hui fixé à 58 députés, requis pour pouvoir lancer cette procédure. Longtemps à dominante bipartisane, la composition de l'Assemblée nationale ne permettait pas qu'existe plus d'un groupe minoritaire ayant les troupes requises pour tenter de faire tomber le gouvernement .

Hors de portée

Pour cette première de l'ère Macron, le résultat des votes - il n'y aura q'un seul discours par parti, mais un scrutin par motion - est connu d'avance: mathématiquement, les oppositions n'ont aucune chance. Avec 103 députés pour Les Républicains et 63 pour l'alliance Nouvelle gauche, PCF et La France Insoumise, la barre des 289 voix est largement hors de portée. 

Après dix jours de crise autour de l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron, et à la veille de la pause estivale des députés, Christian Jacob (Les Républicains) et André Chassaigne (PCF) prendront toutefois la parole à partir de 15 heures pour défendre ces motions. Avant les votes sur chacune, c'est le Premier ministre qui donnera la réplique, pour s'expliquer à nouveau sur le comportement d'Alexandre Benalla, mis en examen après des violences le 1er mai, et sur la réaction de l'Elysée et l'Intérieur.

Dans l'Histoire de la Vème République, une seule motion de censure a été adoptée, contre le gouvernement de Georges Pompidou en 1962. Dans la foulée, le général de Gaulle avait dissous l'Assemblée nationale, avant de renommer Georges Pompidou à Matignon. 

Louis Nadau avec AFP