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Démission de Cahuzac: "la seule décision qu'il pouvait prendre"

Olivier Faure a estimé que Jérôme Cahuzac a fait preuve de "lucidité" en annonçant sa démission mardi.

Olivier Faure a estimé que Jérôme Cahuzac a fait preuve de "lucidité" en annonçant sa démission mardi. - -

À droite comme à gauche, l'annonce de Jérôme Cahuzac, sur BFMTV, de sa démission de son mandat de député, a suscité de nombreuses réactions. Florilège.

À gauche comme à droite, la démission de Jérôme Cahuzac annoncée sur BFMTV mardi a été bien accueillie. C'était pour certains "il a pris la seule décision qui était possible". L'homme s'est montré "sincère" et "lucide" pour les autres. Passage en revue des réactions sur l'échiquier politique.

"La bonne décision"

Le choeur des politiques est à peu près unanime sur la décision prise et annoncée mardi soir par Jérôme Cahuzac de démissionner de son mandat politique. Ainsi, pour Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale "il a pris la bonne décision, à la fois pour respecter l'Assemblée nationale et la démocratie, et à la fois pour se respecter lui-même".

Pour Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat: "le choix de Jérôme Cahuzac de renoncer à son siège de député est une décision qui est sage".

À droite aussi, le député UMP Bernard Accoyer a estimé "en démissionnant de son mandat de député, Jérôme Cahuzac a pris la seule décision qui s'imposait à lui. Un retour à l'Assemblée nationale aurait constitué un outrage, lui qui a menti "les yeux dans les yeux" à 65 millions de Français".

"Jérôme Cahuzac n'a pas rajouté l'indignité à la culpabilité qu'il reconnaît, c'est bien", a commenté le député UMP des Alpes-Maritimes Eric Ciotti. "C'était la seule décision possible, le reste appartient à sa conscience et à la justice".

"Part d'ombre"

Michel Gonelle, l'homme par qui le scandale est arrivé, celui qui détenait la bande sonore à l'origine de l'enquête, a estimé qu'il "était sincère en parlant de sa part d'ombre, en parlant de la faute morale qu'il avait commise."

Bernard Accoyer s'interroge, lui, "depuis quand, au sommet de l'Etat, savait-on?".

Même interrogation pour Jean-François Copé, pour qui "un certain nombre de zones d'ombre, comme dit Jérôme Cahuzac, ne sont pas levées. Lorsque Jérôme Cahuzac dit qu'il ignore lui-même le degré de connaissance par François Hollande de sa situation, ça en dit long sur l'incertitude".

Une "part d'ombre" qui en interpelle plus d'un, puisque Gilbert Collard s'interroge également "à qui s'adressait" l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac lorsqu'il a évoqué "la part d'ombre" existant chez certains? "L'avenir dira ce que ces aveux voulaient dire", a estimé le député lepéniste.

"Un moment de vérité politique"

Au PS, on exprime aussi un certain soulagement, à l'image d'Olivier Faure, qui a ainsi confié "ce qu'il avait fait vivre au Parlement et aux Français lui interdisait tout retour. Mais c'est vrai qu'un homme perdu pouvait prendre la mauvais décision. A l'évidence ce soir, il a fait la démonstration qu'il avait cette lucidité et qu'il avait compris l'ampleur de ce qu'il avait créé dans le pays".

Si certains ont salué la "sincérité" de Jérôme Cahuzac, comme le PS Dominique Lefebvre qui a vu dans l'exercice télévisé "un moment de vérité politique et personnelle", d'autres en doutent.

"Je l'ai vu dans tellement d'émissions, dire avec tellement de sincérité apparente de tels mensonges, que je le regarde avec beaucoup de recul" a ainsi indiqué Nadine Morano.

"C'est la faillite d'un homme, ce n'est pas la faillite de la classe politique" a tenu à rappeler l'UMP Benoist Apparu.

Magali Rangin