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Dealers à Grenoble: le maire Eric Piolle dénonce un coup de communication du gouvernement

Eric Piolle a dénoncé un coup de communication du gouvernement à Grenoble, où une opération de police a été menée après la diffusion en ligne de vidéos mettant en scène des dealers armés.

Une "opération de communication". Le maire (EELV) de Grenoble Eric Piolle a dénoncé ce jeudi sur BFMTV l'opération de police menée, à la demande du minitre de l'Intérieur Gérald Darmanin, mardi soir dans le quartier sensible du Mistral, après la diffusion en ligne de vidéos mettant en scène des dealers.

"Rentrer dans cette logique de guerre de provocations avec les dealers, c'est malsain pour des opérations de communication", a déclaré Eric Piolle, qui a estimé que les dealers cherchaient avant tout à "faire du marketing".

Une demande de renforts restée sans réponse

Eric Piolle assure avoir demandé des effectifs supplémentaires au début du confinement "parce que nous savions que le confinement allait créer des tensions. Nous n'avons pas eu de réponse, par contre nous avons cette opération de communication: une demi-heure, pas d'arrestations, c'est vraiment de la com'".

Le bilan de l'opération lancée mercredi soir est en effet maigre avec une cinquantaine de contrôles, mais aucune interpellation ni saisie à signaler, a indiqué la préfecture à l'AFP.

"C'est intéressant de dire que l'Etat est présent, nous sommes intéressés par cela, mais pas sous cette forme. C'est dans le quotidien que ça se forge, avec la police, avec les moyens de prévention, avec les habitants", lance Eric Piolle.

Pas de zone de non droit

La première vidéo, devenue virale comme la seconde depuis lundi, met en scène sept hommes, cagoulés et parfois munis d'armes en apparence réelles, faisant le guet autour d'un point de deal, près d'une aire de jeux, où se dirige un homme s'apparentant à un consommateur.

Le quartier est qualifié, dans l'autre vidéo, de "capitale (sic) du stup": on y voit cinq hommes autour d'une table couverte de paquets de friandises qui pourraient contenir des produits stupéfiants.

"Je regrette que le ministre s'engage dans cette logique où on pointe du doigt un quartier de telle ou telle ville", a également déclaré l'élu. Il assure que le quartier du Mistral n'est pas une zone de non droit, et rappelle qu'il y existe "une vie culturelle, de solidarité, sportive, d'éducation..."
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon avec AFP Journaliste BFMTV