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Grenoble: qui sont les dealers derrière les vidéos choc tournées au Mistral?

Plusieurs vidéos mettant en scène des dealers lourdement armés dans un quartier de Grenoble sèment le trouble depuis leur diffusion sur les réseaux sociaux. Mais qui se cache derrière cette violente scénographie?

Les deux vidéos, dévoilées mardi par Le Dauphiné Libéré, ont été tournées fin août en plein jour dans un parc pour enfants de Grenoble.

Sur ces images, plusieurs dealers cagoulés et apparemment lourdement armés semblent garder un point de vente de stupéfiants dans le quartier du Mistral de Grenoble, haut-lieu du trafic de stupéfiants de la commune.

Mistral 38, une marque déposée

Derrière ces images menaçantes se trouve en réalité un groupe déjà bien connu des services de police, baptisé "Mistral 38", du nom de ce quartier du sud-ouest de la ville de Grenoble. Selon nos informations, cet emblême est presque devenu une marque déposée dans la ville. On peut d'ailleurs le voir inscrit sur un des t-shirts porté par l'un des hommes ou encore tagué sur l'un des murs filmés.

Les autorités ont connaissance de l'existence de ce groupe depuis plus d'un an. En août 2019, les douaniers interceptent des colis en provenance de Chine, dans lesquels ils trouvent des dizaines de milliers de sachets plastiques et des pochons mystérieusement estampillés "Mistral 38".

Les enquêteurs pensent que cette petite entreprise de la drogue est pilotée par un caïd de la cité Mistral qui a depuis été incarcéré.

Cet homme continuerait, selon certains policiers locaux joints par BFMTV, à tirer les ficelles depuis sa cellule de prison, souhaitant maintenir sa présence face à une autre bande rivale. Le chef de cet autre groupe de dealers, également bien connu à Grenoble, était l'ancien associé de l'homme incarcéré, avec lequel il se serait fâché il y a quelques temps.

Des vidéos de "propagande"

Le procureur de Grenoble, qui a immédiatement ouvert une enquête pour association de malfaiteurs à la découverte de ces vidéos, est persuadé qu'elles sont en fait une mise en scène, une "vidéo de propagande" destinée à effrayer ou intimider la concurrence. Une hypothèse que partage également Julien Morcrette, secrétaire général adjoint du syndicat Alternative Police-CFDT interrogé ce mercredi sur BFMTV.

Tous les individus n'étant pas encagoulés sur ces images, "certains pourraient être identifiés" par les forces de l'ordre, estime encore Julien Morcrette, sur notre antenne, qui reconnaît tout de même que la qualité "médiocre" des vidéos pourrait rendre la tâche plus compliquée.

Grenoble est, depuis plusieurs mois, en proie à une guerre de territoires sur fond de trafic de drogue. Depuis juin dernier, plusieurs fusillades ont éclaté dans cette commune de l'Isère, et sept tentatives d'homicides ont été identifiées.

Sarah-Lou Cohen avec Jeanne Bulant