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Danièle Obono représentée en esclave dans "Valeurs actuelles": condamnation unanime de LFI au RN

Hommes et femmes politiques de tout bord ont condamné fermement la couverture et l'article fictionnel racistes de l'hebdomadaire, sur la députée de la France Insoumise.

Valeurs actuelles fait de nouveau parler de lui avec une publication raciste et critiquée de toute part. Dans son dernier numéro, sorti jeudi dernier, il publie une fiction sur une députée Insoumise noire: "Danièle Obono au temps de l'esclavage", peut-on lire en Une. Une illustration représente l'élue avec des chaines autour du cou.

Cette dernière a choisi Twitter pour exprimer son indignation. "On peut encore écrire de la merde raciste dans un torchon illustrée par les images d'une députée française noire africaine repeinte en esclave...", regrette-t-elle. "L'extrême droite, odieuse, bête et cruelle. Bref, égale à elle-même."

Son camp n'a pas tardé à la soutenir sur le réseau social. "Marianne, Valeurs Actuelles, Charlie: ça suffit le harcèlement nauséabond contre Danièle Obono", a tweeté Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise. "C'est un symptôme d'une extraordinaire violence qui est désormais ambiante", a analysé sur notre antenne, le député des Bouches-du-Rhône. "Je déplore que la droite extrême vienne créer une ambiance malsaine."

La députée européenne Manon Aubry a pour sa part dénoncé "le racisme décomplexé" de ce "journal haineux, raciste, xénophone". "C'est vraiment immonde", a-t-elle dit sur notre antenne, avant de s'interroger: "Comment peuvent-ils encore publier leur feuille de chou?"

Un soutien unanime

D'un bord à l'autre de l'échiquier politique, la publication a été unaniment condamnée. Wallerand De Saint-Just, trésorier du Rassemblement National, a notamment jugé ce samedi matin sur notre antenne que cette couverture "était méprisante et humiliante pour madame Obono".

"L'obsession raciste de ce torchon, et particulièrement quand il s'agit de femmes, est un cas d'école écœurant", analyse de son côté Boris Vallaud, député PS, sur Twitter.

"Ignoble représentation d’une parlementaire. À ses côtés pour lutter contre le racisme et pour le respect dû à tous les élus de la République. Tout mon soutien personnel et celui de l’Assemblée nationale face à ces abjections", a pour sa part tweeté le président de l'hémicycle Richard Ferrand.

Condamnation du gouvernement

Le gouvernement a d'abord réagi par la voix d'Elisabeth Moreno. "Condamnation totale de cette publication. Faire l'apologie du racisme est contraire aux valeurs républicaines. Je ne partage pas les idées de Danièle Obono, mais aujourd'hui je lui apporte tout mon soutien", a écrit la ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes.

"Soutien à Danièle Obobo, au nom des principes et des valeurs de la République française qui doivent plus que jamais rester au cœur de notre vie politique", a également tweeté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Cette publication révoltante appelle une condamnation sans ambiguïté. Je partage l'indignation de la députée Danièle Obono et l'assure du soutien de l'ensemble du gouvernement. La lutte contre le racisme transcendera, toujours, tous nos clivages", a renchérit le Premier ministre, Jean Castex.

"On est libre d’écrire un roman nauséabond, dans les limites fixées par la loi. On est libre aussi de le détester. Moi je le déteste et suis à vos côtés", a ensuite tweeté le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, en s'adressant directement à la députée.

Mais certains n'ont pas oublié l'interview accordée par Emmanuel Macron au journal d'extrême droite en 2019, centrée sur l'islam et l'immigration. "Savoir que notre president Emmanuel Macron s'est preté à un "tête à tête" à ce torchon me fait gerber", n'a pas manqué de rappeler Cédric Herrou, une figure de l'aide aux migrants.

Camille Sarazin Journaliste BFMTV