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Accusation de viol: deux tribunes réclament la démission de Gérald Darmanin

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 15 juillet 2020 dans la cour de l'Elysée, après le conseil des ministres.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, le 15 juillet 2020 dans la cour de l'Elysée, après le conseil des ministres. - Ludovic Marin © 2019 AFP

Le ministre de l'Intérieur, visé par une plainte pour viol, est mis en cause par des élues de gauche dans Libération et par des jeunes citoyens sur Mediapart.

"La police républicaine mérite mieux que cette nomination et les femmes en politique comme ailleurs ne se tairont plus! Gérald Darmanin ne peut rester ministre de l’Intérieur. Son maintien signifierait un égal mépris de la part du président de la République vis-à-vis de toutes les femmes et de leur combat pour le respect et l’égalité".

Dans une tribune publiée jeudi dans Libération, des élues de gauche réclament la démission du ministre de l'Intérieur. Visé par une plainte pour viol, la nomination de Gérald Darmanin à Beauvau le 6 juillet dernier continue d'attiser la colère des associations féministes et embarrasse le gouvernement, qui appelle à la présomption d'innocence.

"Présumé innocent"

Les signataires de la tribune, dont les députées Clémentine Autain (LFI) et Elsa Faucillon (PCF) rappellent que Gérald Darmanin est "présumé innocent".

"Mais comment justifier la promotion à l’Intérieur d’un ministre mis en cause dans une enquête préliminaire pour viol, harcèlement et abus de faiblesse et dont les avocats ne contestent pas les faits mais leur qualification pénale? D’un ministère qui doit être celui de la protection des citoyennes face aux violences sexistes et sexuelles toujours aussi nombreuses? Comment assurer l’équité des parties dans ces conditions?", interrogent-elles.

"Vague de colère générale"

Dans une autre tribune parue jeudi sur le site de Mediapart, 20.000 jeunes citoyennes et citoyens âgés de 13 à 25 ans, demandent également la "démission immédiate" de Gérald Darmanin. "Nous exigeons qu’Emmanuel Macron fasse preuve d’humilité et écoute la vague de colère générale qui traverse le pays et qui ne se restreint pas aux mouvements féministes", écrivent-ils.

"Nous sommes la génération #MeToo. Nous sommes cette génération engagée qui ne se sent plus seule face aux violences que nous subissons. Cette génération qui n’a plus peur, qui ne recule devant rien. Cette génération qui n’hésitera pas à crier sa colère jusqu’à ce qu’elle se fasse entendre." 

Une association féministe saisit la justice

Le nouveau ministre de l'Intérieur fait l'objet d'une plainte d'une femme qui l'avait sollicité en 2009 pour faire annuler une condamnation, alors qu'il était alors chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP. Selon les dires de la plaignante, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, en échange de faveurs sexuelles.

La procédure a été classée sans suite deux fois, puis soldée par un non-lieu en 2018, avant d'être relancée par la cour d'appel de Paris, qui a demandé de nouvelles investigations début juin.

Ce mercredi, l'association "Pourvoir féministe", a saisi le parquet de Lille pour dénoncer des faits de "trafic d'influence" visant le ministre de l'Intérieur. L'enquête, ouverte pour "abus de faiblesse", avait été classée sans suite en 2018.

Fanny Rocher