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Congé après la mort d'un enfant: Macron demande au gouvernement de "faire preuve d'humanité"

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Selon nos informations, le président de la République a demandé à son gouvernement de revenir sur la décision des députés de la majorité qui avaient retoqué l'allongement du congé dévolu aux parents endeuillés.

Jeudi, la majorité votait à l'Assemblée nationale la possibilité pour les salariés de donner leurs jours de RTT aux parents endeuillés, retoquant en fait le prolongement de cinq à douze jours de la durée des congés en cas de mort de son enfant. Cette décision des députés LaREM et MoDem avait aussitôt été jugée "mesquine" et "honteuse" par une opposition, unanimement unie dans le soutien à la mesure initiale. Ce samedi, Emmanuel Macron a cependant désavoué à demi-mots sa majorité. Une source élyséenne a ainsi confié à notre antenne: "Le Président de la République a demandé au gouvernement de se pencher rapidement sur ce problème, et surtout a donné la consigne de faire preuve d’humanité. La majorité avait voté dans un sens qui a ému beaucoup de Français". 

Volte-face 

Faut-il y voir l'hypothèse d'un nouveau vote? "Peut-être qu’il y aura un amendement, la consigne sera plutôt d’aller vers un allongement de la durée", a expliqué la même source. Il faut toutefois noter que cette reprise en main élyséenne survient alors que l'exécutif avait lui-même pris position contre la proposition du député UDI-Agir Guy Bricout d'allonger d'une semaine les jours de congés dévolus aux parents ayant perdu un enfant. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, avait ainsi estimé que l'effort ne devait pas reposer sur les entreprises. "Ce congé, c’est 100 % payé par les entreprises", avait-elle lancé. 

Le MEDEF lui-même avait aussitôt rétorqué en demandant un nouveau vote, via des tweets de son ancienne présidente, Laurence Parisot, comme patron actuel, Geoffroy Roux de Bézieux. 

Muriel Pénicaud reconnaît "une erreur"

Ce samedi, dans une déclaration à l'AFP, la ministre du Travail a fait amende honorable: "Face au deuil, il faut du soutien psychologique et nous allons le renforcer. Mais il faut aussi un temps de répit. Sur ce sujet, le gouvernement reconnaît une erreur qu'il entend rapidement corriger". Elle s'est engagée "à trouver dans les tout prochains jours les solutions". 

dossier :

Emmanuel Macron

Robin Verner, avec Agathe Lambret