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Comment Sarkozy prépare son come-back

Nicolas Sarkozy espère que les difficultés au PS et à l'UMP permettront son retour au premier plan.

Nicolas Sarkozy espère que les difficultés au PS et à l'UMP permettront son retour au premier plan. - -

Vous avez peut-être regardé mercredi soir à la télévision les documentaires consacrés à Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat est à las Vegas pour une conférence qui a lieu ce jeudi matin. Il s’exprime devant plusieurs centaines de professionnels de la finance et rentrera aussitôt son intervention terminée. « Le tourisme, ce n’est pas son truc », disait mercredi l’un de ses proches.

Son truc, ce n’est pas nouveau : c’est la politique. Et ces dernières semaines, il n’est pas avare de commentaires sur François Hollande et sur la manière dont il gère son gouvernement. Quand il a lu l’interview de François Hollande dans Paris Match et ses déclarations sur le remaniement, Nicolas Sarkozy a eu deux mots, me racontait un de ses anciens conseillers : « Grotesque et hallucinant ». Il est nul, dit Nicolas Sarkozy à ses amis. Et il dit qu’Angela Merkel et José Manuel Barroso pensent la même chose que lui de François Hollande. Nicolas lit tout, il voit tout, et la situation de la France l’inquiète, me disait mercredi l’une de ses amies. Bref, il met en scène un éventuel retour. En tout cas il fait tout pour ne pas se faire oublier et pour rester dans le jeu. Il dit à ses proches (en sachant que ce sera répété et amplifié) que « si ça continue, il va devoir revenir en politique ».

Quelle est la part de sincérité là-dedans ?

Cette question, je l’ai posée à plusieurs de ses anciens conseillers, et ils disent que c’est 50/50. « S’il revient, ce ne sera pas tout de suite, prédit un ancien conseiller. Il va attendre que la situation se détériore pour apparaître comme un dernier recours. Il a été président, vous ne croyez quand même pas qu’il acceptera de se taper des primaires avec Fillon et Copé ! »
Ce même conseiller m’a ensuite raconté cette anecdote : il y a quelques semaines il dit à Nicolas Sarkozy : « Tu sais un retour, c’est difficile, ça se prépare, aucun ancien président n’a réussi à le faire ». Il lui a répondu : « Ne t’inquiètes pas, les autres (comprenez les socialistes et les divisions a l’UMP) font le travail pour moi ! » Et c’est vrai que les instituts de sondage et les spécialistes de l’opinion remarquent que la cote de popularité de Nicolas Sarkozy progresse à mesure que celle de François Hollande dégringole.

En attendant un éventuel retour, Nicolas Sarkozy mise tout sur sa carrière internationale…

Il y a cette conférence à Las Vegas, il y a eu cette intervention à Montréal il y a quelques semaines. Il sera le 3 juin à Londres à l’invitation de la banque Goldman Sachs puis il se rendra en Israël et au Mexique. Il a vu Ban Ki Moon (le secrétaire général de l’ONU) il y a 15 jours aux Etats-Unis. Il parle régulièrement avec Angela Merkel et il a des liens très étroits avec le roi du Maroc et avec la Russie.
Quand il n’est pas à l’étranger, Nicolas Sarkozy reçoit à tour de bras dans son bureau du 8eme arrondissement. Il y voit des parlementaires mais aussi des sportifs ou des écrivains. Ses amis disent qu’il a changé, qu’il apprend à garder le silence. Il aime bien le fait d’être devenu un produit rare. « Il ne part plus au quart de tour… Enfin moins souvent » me disait mercredi une de ses amies. Sauf peut-être lorsqu’il s’agit de François Fillon. Nicolas Sarkozy n’a pas digéré les propos de son ancien Premier ministre et ne se gêne pas pour le tacler. Il l’appelle « Monsieur Egal » depuis que François Fillon a déclaré que « Nicolas Sarkozy et lui étaient au même niveau pour la candidature en 2017 ». Rappelons que ses projets quels qu’ils soient pourraient être contrariés par ses ennuis judiciaires : L’affaire Bettencourt, l’affaire des sondages de l’Elysée, Kadhafi, les comptes de campagnes… autant d’affaires qui pourraient, si elles aboutissaient, contraindre l’ancien président au silence.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique, par Stéphanie Collié de ce jeudi 9 mai.

Stéphanie Collié