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"Castex, un homme de qualité", son "ami" Darmanin: quand Sarkozy évoque le nouveau gouvernement

Nicolas Sarkozy (Photo d'illustration).

Nicolas Sarkozy (Photo d'illustration). - AFP

L'ancien chef de l'État, qui sort un ouvrage retraçant les débuts de son quinquennat, est revenu sur le gouvernement de Jean Castex et les rapports qu'il entretient avec Emmanuel Macron.

"Je ne prépare pas un retour". Nicolas Sarkozy se veut catégorique quant à son avenir. L'ancien président de la République, qui sort un livre évoquant ses premiers pas à l'Elysée de 2007 à 2009, était l'invité ce lundi soir du 20h de TF1.

S'il affirme avoir mis un terme à toute nouvelle ambition politique, l'ex-chef de l'État ne s'est pas privé de donner son avis sur le gouvernement de Jean Castex, un ancien élu des Républicains, son ancienne famille politique.

Jean Castex, "un homme que j'ai toujours apprécié"

Nicolas Sarkozy assure n'avoir eu "aucune influence" sur le choix d'Emmanuel Macron de nommer le "monsieur déconfinement" à la tête de Matignon.

"Ce n'est pas mon choix, le président de la République n'est pas un homme sous influence [...] Jean Castex est un homme que j'ai toujours apprécié et en qui j'ai toujours eu confiance", déclare Nicolas Sarkozy à propos du nouveau Premier ministre. "C'est un homme de qualité. J'ai travaillé pour lui, il a travaillé pour moi, et aujourd'hui je lui dis mon amitié", a-t-il ajouté.

"Sans la présomption d'innocence, il n'y a pas de démocratie"

L'ancien ministre de l'Intérieur a également réagi à la nomination controversée de Gérald Darmanin, qui multiplie les déplacements depuis son arrivée place Beauvau.

"Gérald est un ami. J'ai pu compter sur sa fidélité et sa solidité. Je suis quelqu'un de fidèle, il peut compter sur mon amitié", indique Nicolas Sarkozy.

Alors que Gérald Darmanin fait l'objet d'une plainte pour viol, l'ancien président a souligné que "la lutte pour le droit des femmes n'est pas une plaisanterie [...] Mais sans la présomption d'innocence, il n'y a pas de démocratie".

Macron, un président "républicain"

Nicolas Sarkozy a également évoqué les relations qu'il entretenait avec Emmanuel Macron, ce dernier le sollicitant à plusieurs reprises depuis son arrivée à l'Elysée.

"On est très différents mais je suis passé de François Hollande qui voulait détruire tout ce que j'avais fait, qui voulait me faire tous les ennuis possibles et imaginables, à un président de la République républicain", déclare Nicolas Sarkozy. "Quand il a une question, un problème, qu'il souhaite en parler avec l'un de ses prédécesseurs, pour moi c'est plutôt bon signe".

L'ancien président est aussi revenu sur des déclarations "arrogantes" tenues Emmanuel Macron, estimant que "l'arrogance, c'est un très grave défaut que j'ai essayé de ne jamais avoir".

"Ces vérités qui sont martelées dans les télévisions, à la radio, sans pouvoir les discuter les gens les ressentent comme une grande arrogance", a déploré Nicolas Sarkozy.

"Une société démocratique ne peut pas fonctionner sans autorité"

Interrogé sur les faits de violence survenus ces dernières semaines dans le pays, Nicolas Sarkozy estime de son côté qu'il n'en a "pas fait assez" au cours de son mandat et qu'il aurait dû être "plus aux côtés de mes ministres de l'Intérieur".

"Aujourd'hui, la mode c'est de parler de l'horizontalité. Moi je ne crois qu'à la verticalité. Il faut un chef, un leader, quelqu'un qui entraîne. Si ce dernier déçoit ou se trompe, on le change. Une société démocratique ne peut pas fonctionner sans autorité, ce n'est pas possible".

S'il se garde de donner son avis sur la politique du gouvernement actuel en matière de sûreté, Nicolas Sarkozy insiste sur un point: "la sécurité, c'est l'affaire du président de la République".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV