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Castaner déplore un débat sur le voile "totalement caricatural"

Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche, le 12 juillet 2017

Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement et délégué général de La République en marche, le 12 juillet 2017 - Thomas Samson - AFP

Le ministre de l'Intérieur s'est cependant dit prêt "à discuter de tous les sujets", notamment celui des listes communautaires.

Christophe Castaner a qualifié jeudi le débat qui agite depuis plusieurs semaines le monde politique sur le port du voile de "totalement caricatural". "Aujourd'hui, il y a une loi nette, précise et donc appliquons-là", a déclaré le ministre de l'Intérieur, également en charge des Cultes, sur France Info.

Réagissant à la demande du président des Républicains Christian Jacob d'une nouvelle commission sur la laïcité, à l'instar de la commission Stasi mise en place en 2003, Christophe Castaner a exprimé ses doutes sur la pertinence d'une telle initiative.

"Quel est l'intérêt de débattre encore pendant des mois de la question du voile en France? On peut prendre un peu de hauteur et se mobiliser sur les questions fondamentales. Celles du communautarisme, celles du fondamentalisme. Et ça va bien au-delà du voile", a jugé le ministre.

La question des listes communautaires

Christophe Castaner s'est cependant dit prêt "à discuter de tous les sujets", notamment celui des listes communautaires. Il a confirmé avoir invité la semaine prochaine le président de la région Hauts de France Xavier Bertrand et le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, qui préparent une proposition de loi sur ce sujet, qu'il a qualifié de "sensible".

"Je ne sais pas ce que c'est qu'une liste communautaire. Par contre je sais ce que sont les mots communautaires. Je sais ce qu'est l'antisémitisme porté par certains y compris dans leur expression politique. C'est cela que je condamne et c'est cela que je veux dans la préparation des élections municipales: que les préfets puissent sanctionner de façon systématique. À condition d'avoir effectivement des critères qui ne soient pas une religion et l'islam en particulier, c'est insupportable", a avancé le ministre.

Vers l'interdiction du voile?

Le 11 octobre, le débat sur le voile, récurrent depuis les années 80, a été relancé lorsqu'un élu du Rassemblement national (RN) s'en est pris à une mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire dans un conseil régional. Le 20 octobre, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a affirmé que "le voile en soi n'est pas souhaitable dans notre société" avant qu'Emmanuel Macron ne joue ensuite l'apaisement en appelant à ne "pas stigmatiser" les musulmans.

Mais la droite continue de réclamer l'interdiction des signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires. Une proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires, et notamment le voile islamique, a été adoptée en première lecture au Sénat, la semaine dernière.

Ju. M. avec AFP