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Blanquer persiste sur le port du voile, "pas souhaitable": "C’est ma vision de l’émancipation de la femme"

Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer - Bertrand GUAY / AFP

Invité sur France Inter, le ministre de l'Education nationale a maintenu que le port du voile islamique n'était "pas souhaitable" selon lui. Une position qu'il justifie par son engagement "républicain".

"Doit-on se réjouir du port du voile dans la société? Non, sinon j'abandonnerais ma conception de l'égalité entre les hommes et les femmes." Invité de France Inter ce mercredi matin, Jean-Michel Blanquer a réitéré ses propos sur le port du voile en France, qui lui ont attiré en début de semaine de nombreuses critiques, y compris dans son propre camp, que ce soit à l'Assemblée ou au gouvernement.

Vendredi dernier, l'élu du Rassemblement national Julien Odoul avait violemment invectivé la mère d'un élève qui accompagnait une sortie scolaire, exigeant qu'elle retire son voile dans l'enceinte du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Les élus du RN avaient ensuite dénoncé une "provocation islamiste". S'il avait condamné ces propos, Jean-Michel Blanquer avait alors tout de même affirmé que "le voile n'est pas souhaitable dans notre société".

"Réactionnaire"?

Une prise de position qu'il justifie par sa conception "républicaine" de la société. "Je veux que ces mères se sentent citoyennes de France. J’ai condamné ce qui s’est passé, c'est honteux. Mais je pense bien que le voile n’est pas souhaitable, c’est ma vision de l’émancipation de la femme", a-t-il réaffirmé au micro de France Inter.

Et d'ajouter: "Ne comptez pas sur moi pour avoir honte du modèle républicain français! C'est quand même incroyable aujourd'hui que quand vous dites 'le voile n'est pas souhaitable', la Terre entière vous traite de réactionnaire."

"Le modèle communautariste est dangereux"

Cette même semaine, le ministre a déclenché une autre polémique en déclarant sur le plateau de BFM Politique que "parfois on voit des petits garçons qui refusent de tenir la main à des petites filles. Ce n'est pas acceptable dans l'école de la République. La solution à ce problème est assez rapide mais si elle débouche sur un problème plus grave, on le signale". 

Interrogé sur cette sortie, Jean-Michel Blanquer a de nouveau assuré que dans les écoles, "on constate de plus en plus des phénomènes qui traduisent un impact communautariste et qui peuvent être un signal de radicalisation, parfois. Si on ne demandait pas de le signaler, on nous le reprocherait". Et de conclure: "Le modèle communautariste est dangereux".

Ambre Lepoivre