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Bruno Julliard et Anne Hidalgo, la fin de 10 ans de complicité

Bruno Julliard et Anne Hidalgo lors d'une exposition de Serge Poliakoff.

Bruno Julliard et Anne Hidalgo lors d'une exposition de Serge Poliakoff. - JOEL SAGET / AFP

Bruno Julliard a annoncé ce lundi qu'il démissionnait de ses fonctions de premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo. Le point sans doute final d'une relation politique vieille de dix ans.

"Un ami de trente ans", entend-on souvent dire lorsqu'une personnalité politique se défend de chercher à torpiller un rival. Certes, Bruno Julliard, 37 ans, n'en était pas encore là, mais ça faisait déjà dix ans qu'il officiait à la mairie de Paris en tant qu'adjoint, et au moins autant d'années qu'il se tenait au côté d'Anne Hidalgo (quand elle secondait Bertrand Delanoë puis après qu'elle eut repris le fauteuil de maire). Cependant, il a tourné cette page ce lundi. Ou plutôt l'a arrachée.

Alors qu'il était pressenti, lui qui était jusqu'ici le premier adjoint de la première municipalité de France, pour diriger la campagne d'Anne Hidalgo en 2020 en vue des Municipales, il vient d'annoncer, dans un long communiqué expliquant sa décision, que non seulement il ne prendrait pas ces nouvelles fonctions mais qu'il renonçait également aux présentes. Il a dénoncé entre autres une "exécution défaillante", "un volontarisme" changé "en sectarisme et autoritarisme", des projets qu'on ne peut plus soutenir "même par politesse gênée". Pourtant, longtemps, les relations entre les deux personnalités politiques sont restées au beau fixe.

Repéré par Delanoë

C'est tout d'abord Bertrand Delanoë, précédent édile parisien, qui a repéré ce fils de l'ex-maire du Puy-en-Velay, alors qu'il présidait le syndicat étudiant l'Unef en tête des manifestations anti-CPE de 2006. Il lui a mis le pied à l'étrier et l'a introduit dans le Conseil municipal. Elu dans le 13e arrondissement de la capitale, Bruno Julliard a été adjoint à la Jeunesse en 2008 avant de passer à la Culture en 2012.

A cette période, Bruno Julliard a également su créer un lien avec Anne Hidalgo. Signe de la bonne entente entre les deux à l'époque, elle l'a intégré dans le premier cercle de sa campagne de 2014 au moment de conquérir la relève de Bertrand Delanoë: avec Myriam El Khomri, il était son porte-parole. Après la victoire d'Anne Hidalgo, cette dernière en a fait son premier adjoint. Il est longtemps demeuré bien en cour. La preuve, fournie ici par le site du Monde, il était encore à la manœuvre lors du dernier remaniement de l'exécutif parisien en octobre 2017.

Il a perdu l'oreille d'Anne Hidalgo

Mais un an a passé et les divergences n'ont cessé de prendre un tour plus accusé, au point d'apparaître comme des fractures inguérissables, aux yeux de Bruno Julliard tout du moins. La nouvelle de ce lundi n'a pas dû prendre Anne Hidalgo par surprise. En février dernier, nous nous faisions l'écho des troubles perturbant les échanges au sommet de la mairie. Parmi les pommes de discorde, nous listions les suivantes: un rapport sur la propriété commandé à l'IFOP, l'emplacement d'une sculpture de Jeff Koons, ou encore les débats autour de la sépulture de l'écrivain Michel Déon.

"Il était un des derniers à pouvoir encore lui dire ouvertement certaines choses. Maintenant, c’est fini", déplorait alors un élu auprès du Parisien. Le communiqué de Bruno Julliard a confirmé cette analyse.

"Je ne suis plus en capacité d’influer sur le cours des choses", y a-t-il glissé au moment de prendre son congé vis-à-vis d'Anne Hidalgo. 
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Robin Verner