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Brigitte Bardot qualifie les Réunionnais de "population dégénérée", la ministre des Outre-Mer va porter plainte

Brigitte Bardot à Paris en mai 2003

Brigitte Bardot à Paris en mai 2003 - Jack Guez- AFP

Dans une lettre ouverte au préfet censée défendre la condition des animaux et dénoncer des maltraitances locales, Brigitte Bardot insulte les Réunionnais. Ce texte violemment raciste a suscité ce mardi de nombreuses réactions politiques dont celle d'Annick Girardin, ministre des Outre-Mer, qui a l'intention de porter plainte.

Population dégénérée", "traditions barbares", "île démoniaque". Brigitte Bardot s'en prend violemment aux habitants de l'île de La Réunion dans une lettre ouverte au préfet, leur reprochant de maltraiter les animaux, des propos condamnés par la ministre des Outre-mer. 

"Si ce courrier est authentique, il appelle une réponse claire: le préfet de La Réunion déposera dès demain une plainte à laquelle je m'associerai", a répondu la ministre des Outre-mer Annick Girardin dans un tweet. "Le racisme ordinaire n'a pas sa place dans le débat d'idées", a ajouté la ministre, actuellement en déplacement à La Réunion pour faire le bilan de ses engagements, trois mois après le mouvement des "gilets jaunes" dans l'île.

Mais, si doute il y avait sur l'authenticité du texte, la Fondation Brigitte Bardot l'a levé en confirmant à Réunion Première qu'il était bien de la main de l'ancienne comédienne. 

"Les autochtones ont gardé leurs gênes (sic) de sauvages", écrit encore l'ex-actrice dans sa lettre datée du 18 mars et rendue publique mardi, accusant les Réunionnais de "barbarie" à l'encontre des animaux.

Insultes en cascade

Dans ce courrier, très virulent, Brigitte Bardot, 84 ans, évoque pêle-mêle "des réminiscences de cannibalisme des siècles passés", "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches". La militante de la cause animale, condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, notamment pour des propos tenus contre les musulmans, parle encore d'une "île démoniaque" et pointe du doigt le sort prétendument réservé aux chiens et aux chats, ainsi que les "fêtes indiennes Tamoul avec décapitations de chèvres et boucs en offrande à leurs Dieux et dont les abats jetés à la mer attirent les requins".

"Vos propos méprisants démontrent une totale méconnaissance des Réunionnais et votre propension, encore, à l'inhumanité", a de son côté twitté la députée PS de La Réunion, Ericka Bareigts. "Vous desservez une juste cause. Vous combattez une cruauté contre une espèce mais l'utilisez d'une autre manière contre vos semblables", ajoute-t-elle. Sur les réseaux sociaux, de très nombreux Réunionnais ont dénoncé son "racisme décomplexé", et "une incitation à la haine raciale".

Robin Verner avec AFP