BFMTV

Bandes: Dupond-Moretti "affolé" que "des Français puissent croire" aux propositions de Le Pen

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti était l'invité de Jean-Jacques Bourdin le 15 mars 2021 sur BFMTV/RMC.

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti était l'invité de Jean-Jacques Bourdin le 15 mars 2021 sur BFMTV/RMC. - BFMTV

Le ministre de la Justice était l'invité ce lundi matin de BFMTV/RMC pour revenir sur la multiplication des affrontements entre bandes et des violences entre jeunes. Une phénomène que Marine Le Pen impute au laxisme du Garde des Sceaux.

Nouvelle passe d'armes entre le garde des Sceaux et la présidente du Rassemblement national. Invité ce lundi matin de BFMTV-RMC, Eric Dupond-Moretti a attaqué avec virulence Marine Le Pen qui l'accuse, par sa politique "laxiste", d'être responsable de la multiplication des faits de violence survenus ces derniers jours en France.

Des "rodomontades" pour le ministre de la Justice qui charge la députée, lui reprochant de ne pas être présente sur les bancs de l'Assemblée pour débattre de la réponse juridique à ces affrontements entre bandes.

"Elle a sans doute la baguette magique c'est sûr que si elle arrive au pouvoir il n'y a plus d'infractions dans ce pays! On vit au pays des bisounours! Ce phénomène des bandes cela a toujours existé", a réagi Eric Dupond-Moretti face à Jean-Jacques Bourdin. "Quand je vois ce qu'elle propose, ce qui m'affole, c'est que des Français puissent la croire. Voilà ce qui me dérange", a-t-il ajouté, plaidant pour sa part pour du "répressif" mais aussi de l'"éducatif".

"Elle ne veut pas débattre avec moi"

Eric Dupond-Moretti a critiqué la non-connaissance, par Marine Le Pen, des chiffres en matière d'immigration et l'absence de réponses concrètes de la leader du Rassemblement national aux problématiques sécuritaires. Le ministre considère que son opposante "ne veut pas du débat à l'Assemblée nationale".

"Je ne la vois jamais! Elle ne débat pas et quand il est question de parler de fond la réalité c'est celle-là: c'est le délit de fuite", a répondu le garde des Sceaux.

En février déjà, Eric Dupond-Moretti avait évoqué un refus de débattre, justifié selon lui par le fait que la présidente du Rassemblement national était "une menteuse incompétente".

"J'accepterai de débattre avec elle (...) j'ai une vrai légitimité sur ces questions, je connais la justice (...) Vous savez elle ne veut pas débattre avec moi, elle ne veut pas!", a martelé le ministre de la Justice.

"Dupond-Moretti, c'est Madame Taubira sans la poésie"

Marine Le Pen avait dénoncé jeudi soir dans "Face à BFM" une société de l'ultraviolence, résultat selon elle "du laxisme et d'une forme d'impunité" qu'elle impute au ministre de la Justice.

"Eric Dupond-Moretti, c'est Madame Taubira sans la poésie", avait alors déclaré la candidate à la présidentielle de 2022 tout en précisant qu'elle n'avait pas de "combat personnel" avec le garde des Sceaux qui d'après elle l'attaque "très violemment avec beaucoup d'irrespect".

De son côté le garde des sceaux a lancé au début du mois de mars un "plan contre les bandes" avec ses collègues Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer. Un plan de lutte visant notamment à renforcer la sécurité aux abords des écoles ainsi qu'une surveillance accrue des réseaux sociaux et qui sera présenté en mai prochain.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV