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Au PS, Ségolène Royal joue à la meilleure opposante

Après avoir occupé le terrain médiatique cet été, Ségolène Royal dispute à Martine Aubry le rôle de meilleure opposante à Nicolas Sarkozy lors de la rentrée du Parti socialiste. /Photo prise le 27 août 2010/REUTERS/Stéphane Mahé

Après avoir occupé le terrain médiatique cet été, Ségolène Royal dispute à Martine Aubry le rôle de meilleure opposante à Nicolas Sarkozy lors de la rentrée du Parti socialiste. /Photo prise le 27 août 2010/REUTERS/Stéphane Mahé - -

par Laure Bretton LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Après avoir occupé le terrain médiatique cet été, Ségolène Royal dispute à Martine Aubry...

par Laure Bretton

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Après avoir occupé le terrain médiatique cet été, Ségolène Royal dispute à Martine Aubry le rôle de meilleure opposante à Nicolas Sarkozy lors de la rentrée du Parti socialiste.

L'ancienne candidate à l'Elysée en 2007 a rencontré des producteurs de lait, profitant du parallèle avec le déplacement du chef de l'Etat dans les Alpes de Haute-Provence sur le thème de l'élevage ovin et de l'agriculture de montagne.

"La France a les moyens de sauver son agriculture", a déclaré avant l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle la présidente de Poitou-Charentes, pour qui le gouvernement "laisse mourir les producteurs de lait en silence".

Dans son discours d'ouverture, elle a poursuivi sur le même thème, reprochant à Nicolas Sarkozy de promettre beaucoup mais de ne pas agir réellement face à la crise.

"Les visites ça suffit, les discours ça suffit, les mises en scène, ça suffit. On veut des actes, on veut des décisions", a-t-elle déclaré sous les applaudissements des militants.

Depuis le mois de juillet, Ségolène Royal a multiplié les critiques contre Nicolas Sarkozy, qu'elle accuse de "produire de la violence" et d'avoir installé "la corruption au sommet".

En 2012, il faudra "rebâtir l'exemplarité et le rayonnement de la France en un mot: l'idée-France", dit-elle vendredi dans Libération.

Tout en affirmant que "le moment n'est pas venu" de dévoiler ses intentions présidentielles, Ségolène Royal pose tous les jalons pour être candidate aux primaires du PS, l'an prochain.

"On construit", confirme Guillaume Garot, son porte-parole.

UN PS "EN STÉRÉO"

Le député-maire refuse l'augure des sondages, qui consacrent le tandem constitué par le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn et du premier secrétaire du PS Martine Aubry, affirmant qu'à un peu plus d'un an et demi du scrutin, "les choses ne sont pas cristallisées".

Si elle refuse à longueur d'interviews d'entrer dans une "logique de critiques", l'ancienne candidate à l'Elysée n'en fait pas moins entendre sa petite musique personnelle.

"La séquence est favorable: la sécurité, les critiques de l'argent-roi, le discours sur les valeurs, ce sont des sillons qu'elle a déjà labourés en 2007", explique un proche.

Portée par la résurgence des thèmes sécuritaires, Ségolène Royal a remis sur le tapis ses propositions d'encadrement militaire des jeunes délinquants ou de la présence d'un deuxième adulte dans les classes pour faire respecter la discipline sans que cela ne suscite les mêmes protestations au PS.

Ces idées font leur chemin parce que "tout ce qu'a fait Nicolas Sarkozy a échoué", explique l'instigatrice de "l'ordre juste" qui refuse "d'abandonner la sécurité à la droite".

Dominique Strauss-Kahn absent de la scène politique française, l'heure est à la répartition des tâches entre Martine Aubry et Ségolène Royal, assure l'entourage de cette dernière.

Vendredi soir, elles sont invitées à la même heure dans les journaux télévisés de TF1 et France 2.

Le PS parle "en stéréo", s'amuse le camp Royal.

Les deux dirigeantes, à couteaux tirés après le congrès de Reims qui a consacré Martine Aubry au poste de premier secrétaire, s'appellent et se voient désormais régulièrement.

"Elles ne sont pas dans la fusion mais, vu la gravité de la situation, il n'est pas question de donner prise à la moindre interprétation de dissensions", estime un pro-Royal.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse