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"Au-delà des bornes il n'y a plus de limite": la classe politique s'insurge après la sortie de Lallement

Les figures de l'opposition dénoncent le lien établi par Didier Lallement ce vendredi matin entre le non respect du confinement et les malades du Covid-19 en réanimation.

Le mea culpa empressé de Didier Lallement sous la forme d'un communiqué de presse n'aura pas suffi à éteindre l'incendie.

En déplacement Porte d'Orléans, à Paris, ce vendredi matin, le préfet de police de Paris a déclaré que selon lui, il n'y avait "pas besoin d'être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, ceux qu'on trouve dans les réanimations désormais aujourd'hui, ce sont ceux qui au début du confinement ne l'ont pas respecté".

Un propos, désavoué par le ministère de l'Intérieur qui l'a qualifié d'"inexact", qui suscite les condamnations unanimes de la classe politique.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon a fait part de son écoeurement et appelé au respect des malades et victimes du Covid-19:

"Au-delà des bornes il n'y a plus de limite. Voir le préfet Lallement, face grimaçante du régime. Pour lui, ceux qui sont malades ou qui sont morts l'ont bien cherché! Écoeurant. L'état d'urgence sanitaire ne doit pas avoir ce visage insultant. Les gens doivent être respectés!", s'est indigné le leader de La France insoumise (LFI) sur Twitter.

"Ce préfet n'est pas à sa place"

Pour Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), "ce préfet est une honte".

"Comment peut-il culpabiliser tous les malades!? Et les centaines de milliers de salariés qui continuent à bosser et qui se font contaminer on leur dit que c’est de leur faute!?", a publié le député de Seine-et-Marne sur Twitter.

"Ce n'est pas la première fois que le préfet Lallement se trompe de rôle. Son rôle, c'est d'être un personnage de la République, rassurant. (...) Son rôle n'est pas d'aller attribuer des bons points à qui que ce soit. Et c'est vrai que ces propos sont absolument scandaleux", a également réagi Olivier Faure sur BFMTV, estimant que "à l'évidence ce préfet n'est pas à sa place dans ce rôle" et qu'il faudra en tirer toutes les conséquences au sortir de la pandémie.

Des propos "qui donnent la nausée"

Sur Twitter, Marine Le Pen a dénoncé des "propos totalement stupides (...) de surcroît d'une froideur et d'une méchanceté qui donnent la nausée".

"Il y a, en réanimation, des policiers et des personnels soignants sans protection adéquate, des caissières, des personnes âgées en EHPAD", écrit la présidente du Rassemblement national.

Au sein des Républicains (LR) c'est Eric Ciotti qui a réagi en premier aux propos polémiques de Didier Lallement. Sur le même réseau social, le député des Alpes-Maritimes, dénonce des "propos révoltants et profondément inhumains", et réclame une réaction de Christophe Castaner.

Clarisse Martin