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"Ceux qui sont hospitalisés sont ceux qui n'ont pas respecté le confinement": les propos chocs du préfet de police de Paris

Lors d'un déplacement, Didier Lallement a établi un lien entre le non-respect du confinement et les personnes atteintes du Covid-19 se trouvant en réanimation à l'heure actuelle.

Nouvelle polémique pour le préfet de police de Paris Didier Lallement. En déplacement Porte d'Orléans à Paris ce vendredi matin, à la veille des vacances de Pâques pour lesquelles les contrôles de police sont renforcés en vue de faire respecter le confinement, le préfet de police s'est exprimé sur les personnes atteintes des formes les plus graves du Covid-19, qui se trouvent en réanimation.

"Pas besoin d'être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd'hui hospitalisés, ceux qu'on trouve dans les réanimations désormais aujourd'hui, ce sont ceux qui au début du confinement ne l'ont pas respecté", a cru bon de déclarer le haut fonctionnaire devant les caméras.
Et d'ajouter: "Il y a une corrélation très simple: vous ne respectez pas le confinement, vous êtes verbalisé et vous vous mettez en danger car on risque de vous retrouver en réanimation, on risque de retrouver vos proches en réanimation."

Mea culpa et désaveu de l'Intérieur

Une phrase qui a rapidement choqué. Deux heures après avoir prononcé ces mots, Didier Lallement a fait savoir dans un communiqué qu'il "regrette les propos qu'il a tenus ce matin (...) et tient à les rectifier".

"Son intention n’était pas d'établir un lien direct entre le non-respect des consignes sanitaires et la présence de malades en réanimation. Il s’agissait de rappeler la nécessité d’une stricte application du confinement dans cette période, pour la protection de la santé de chacun", défend la préfecture de police dans le communiqué.

Dans l'entourage du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, on désavoue la sortie initiale. "Ce propos du préfet de police est inexact. Ce qui est vrai, c’est que le bon respect du confinement est un enjeu sanitaire majeur", a-t-on indiqué à BFMTV.

Colère des soignants

Le corps médical semble avoir de son côté très peu goûté la causalité établie par Didier Lallement.

"Insulter, traiter mes malades qui sont en danger de mort de délinquants c'est vraiment un véritable scandale. Il faudra dire à monsieur le préfet qu'il y a des soignants en réanimation et qu'il y a un de mes infirmiers qui est en danger de mort, actuellement en réanimation, et qui a contracté le virus en soignant des patients", s'est insurgé sur notre antenne Frédéric Adnet, directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis et chef des urgences de l'hôpital Avicenne à Bobigny.

"Non seulement c'est complètement faux, mais c'est véritablement une insulte envers nos patients", a ajouté le médecin, qui estime qu'après une telle sortie, "au nom des soignants, au nom de tous les malades, ce préfet doit démissionner".

Sur un autre sujet, en novembre dernier, Didier Lallement avait déjà provoqué une polémique en quelques mots. En marge d'un déplacement après une journée de mobilisation des gilets jaunes à Paris, le préfet de police avait déclaré à une manifestante: "Nous ne sommes pas dans le même camp, madame." Captés, les propos avaient suscité un tollé.

Clarisse Martin