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"Au contraire": l'expression de Macron qui sème le doute sur le maintien de Philippe à la tête du gouvernement

L'interview d'Emmanuel Macron publiée ce jeudi soir dans la presse quotidienne régionale a connu quelques modifications. Dans un premier temps, plusieurs journaux ont rapporté qu'il avait répondu "au contraire" à la question de savoir si Edouard Philippe, "c'était de l'histoire ancienne".

Edouard Phillipe fera-t-il partie de la prochaine équipe gouvernementale? Le doute persiste après la publication d'une interview d'Emmanuel Macron par les quotidiens du groupe Centre France ce jeudi soir. Une citation du chef de l'Etat a été quelque peu modifiée après la publication, donnant lieu à des interprétations possibles.

Alors qu'il évoque une "relation historique" avec son Premier ministre, les journalistes demandent à Emmanuel Macron si cela signifie qu'il s'agit d'une "histoire ancienne". En somme, ils cherchent à savoir si Edouard Philippe est sur la sellette en vue du remaniement ministériel qui devrait avoir lieu dans les prochains jours.

Dans la réponse initialement retranscrite par la presse régionale, Emmanuel Macron rétorque: "Au contraire". Mais ce ton très affirmatif est finalement modifié, laissant planer le doute sur l'avenir d'Edouard Philippe au poste de Premier ministre. L'Elysée, interrogée pour savoir si le président a bien prononcé ces mots, rétorque que "ce n’est pas la bonne version" et renvoie à la dernière version modifiée, validée par la présidence.

Deux mots lourds de sens?

Dans cette version, l'expression "au contraire" a disparu. Il est simplement écrit: "J’ai fait le choix, en 2017, de prendre à mes côtés un homme qui n’a pas fait ma campagne et qui n’était pas dans ma formation politique, qui était dans la même démarche d’ouverture et de dépassement des clivages traditionnels". D'autres quotidiens, comme La Voix du Nord ont fait le choix de publier la version initiale, non-consultée par l'Elysée.

Pascal Jalabert, rédacteur en chef des journaux du groupe Ebra, affirme sur notre plateau qu'Emmanuel Macron a bien prononcé ces mots, "mais pas clairement comme ça, plutôt en ayant un mouvement de recul". Difficile donc, pour lui, d'interpréter les propos du président. "Cela peut prêter aux deux interprétations", souligne-t-il sur notre antenne, à savoir un départ ou un maintien d'Edouard Philippe.

"On peut l'interpréter de deux façons: d'abord comme un président de groupe de foot qui parlerait d'un des membres de son équipe, déjà au passé parce qu'il est sur le point de quitter l'équipe. Mais on peut aussi l'interpréter d'une autre façon: Macron nous dit 'avec Philippe, nous sommes complémentaires, nous avons travaillé ensemble, et aucun président n'a travaillé comme ça avec un Premier ministre donc je n'ai pas mieux'", développe encore le journaliste sur le plateau de BFMTV.

"Objectivement, il n'a rien lâché"

Concernant le sort d'Edouard Philippe, Stéphane Vernay, rédacteur en chef délégué et directeur de la rédaction du journal Ouest-France, présent ce jeudi lors de cet entretien groupé, estime lui-aussi que les propos d'Emmanuel Macron ne laissent pas la place à une interprétation fixe.

Le journaliste, contacté par BFMTV.com, raconte que lui et ses confrères ont cherché à percer la décision du président tout au long de l'interview. Mais "objectivement", confie-t-il, "rien ne permet de tirer des conclusions". "Il n'a rien lâché", confie l'interviewer.

Stéphane Vernay explique enfin que cette première version de l'interview a d'abord été publiée sur les sites des journaux du groupe Ebra "dans un souci de rapidité, sans attendre la version validée par l'Elysée comme cela est habituellement la norme dans la presse écrite". Et de préciser: "Cela est une pratique qui est devenue extrêmement courante, mais cela concerne exclusivement des détails de formulations. Cela n'est pas lié à des pratiques de la Macronie".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV