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Arnaud Montebourg : "je suis un innovateur déçu dans l'action publique"

Arnaud Montebourg se définit comme "un innovateur déçu dans l'action publique".

Arnaud Montebourg se définit comme "un innovateur déçu dans l'action publique". - JOEL SAGET - AFP

Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste de l'Economie s'est défini comme un "innovateur déçu dans l'action publique". Un moyen de tordre le cou aux rumeurs qui le disent bientôt de retour en politique.

L'ancien ministre socialiste de l'Economie Arnaud Montebourg s'est appliqué à tempérer les ardeurs de ceux qui prédisent son retour en politique en affirmant être un "innovateur déçu dans l'action publique". "Moi qui ai tenté d'innover en politique, qui suis un innovateur déçu dans l'action publique, je ne suis pas un innovateur déçu dans l'action entrepreneuriale. Puisque la chose la plus extraordinaire dans l'entreprise c'est d'abord le pouvoir de faire", a lancé Arnaud Montebourg, invité du Club de l'économie du Monde, à qui on demandait ce que lui avait appris le monde de l'entreprise.

Des actes "plus modestes" mais "plus concrets"

Interrogé plus directement sur son éventuelle participation à une primaire des gauches, l'ancien ministre de l'Economie a répondu que ce qu'il faisait aujourd'hui était "beaucoup plus modeste", mais "tellement plus concret". "Là je suis revenu à une taille plus modeste mais qui me permet d'agir et de constater les progrès de cette action", a souligné l'ancien avocat, devenu vice-président du conseil de surveillance d'Habitat et président du conseil de surveillance de NewWind.

La politique, "telle qu'elle organisée et désorganisée", "ça ne peut plus fonctionner", a-t-il encore estimé. N'a-t-il pas envie de participer au débat? "Je l'ai déjà fait ça. Peut-être que d'autres pourront le faire, chacun doit affronter ses problèmes. Moi je peux y apporter ma pierre mais je le fais de façon très concrète et modeste. Je crois que c'est une bonne école de vie", a-t-il ajouté.

Un système politique "dans le formol"

Arnaud Montebourg, qui s'est présenté comme un "ministre défroqué", a aussi affirmé que le système politique était "un peu tombé dans le formol", et qu'il "mériterait d'être uberisé". Ces propos quelque peu désabusés ne l'ont pas empêché de distiller commentaires et analyses pendant plus d'une heure. "La France ne va pas bien du tout, mais elle a des ressources considérables. Elle va très mal, elle est en fracturation, les tensions sont extrêmement vives, il y a un risque de séparatisme dans notre pays", a-t-il jugé.

"Elle va très mal dans sa tête essentiellement, et elle va très mal aussi sur les fondamentaux de l'économie, pour des raisons qui sont liés à des choix politiques qui ont été faits", a confié l'ancien ministre, qui avait quitté le gouvernement en août 2014, en désaccord avec la politique économique du couple exécutif.

C.L. avec AFP