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Arc de Triomphe: l'exécutif réfute avoir cédé à la polémique en retirant le drapeau européen

Le drapeau européen a été installé le 31 décembre 2021 sous l'Arc de Triomphe à la place du drapeau français en hommage à la présidence française de l'UE à partir du 1er janvier 2022 et pour 6 mois.

Le drapeau européen a été installé le 31 décembre 2021 sous l'Arc de Triomphe à la place du drapeau français en hommage à la présidence française de l'UE à partir du 1er janvier 2022 et pour 6 mois. - Alain JOCARD - AFP

Depuis samedi, de nombreuses réactions se multipliaient contre la mise en place du drapeau européen sous l'Arc de Triomphe, censé rendre hommage à la présidence française de l'Union européenne.

Le drapeau européen, qui flottait sous l'Arc de Triomphe pour le début de la présidence française de l'Union européenne, a été retiré dans la nuit de samedi à dimanche, "conformément au timing prévu", a assuré l'Élysée à l'AFP pendant que l'extrême droite revendique une "victoire patriotique".

"Le drapeau européen a été enlevé dans la nuit, conformément au timing prévu", a indiqué l'Élysée, ajoutant qu'il était prévu que le drapeau de l'UE "reste au vent le 31 décembre et le 1er janvier pour marquer le coup d'envoi symboliquement de la présidence de l'UE, au même titre que l'illumination en bleu de plusieurs monuments" en France.

"Il n’y a eu aucune reculade, aucun changement", a précisé plus tard le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune. Il a assuré sur France Inter qu'"il était prévu que le drapeau [européen] soit retiré dans la journée de dimanche". "Je suis fier que ce symbole ait été arboré sous l'Arc de Triomphe", a-t-il ajouté.

Dimanche matin, Marine Le Pen a salué "une belle victoire patriotique", estimant que "le gouvernement a été obligé de retirer le drapeau de l'Union européenne de l'Arc de Triomphe".

"Merci à la mobilisation massive de tous les amoureux de la France et de la République pour faire reculer Emmanuel Macron", a insisté la candidate du Rassemblement national sur Twitter.

La veille, elle avait annoncé qu'elle allait déposer "dans les prochains jours" un recours devant le Conseil d'État pour contester la décision de faire flotter le drapeau de l'Europe sous l'Arc de Triomphe, accompagné d'une demande "de suspension, en référé" de ce "véritable attentat à l'identité de notre Patrie".

L'autre candidat d'extrême droite, Éric Zemmour, mais aussi la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, avaient également critiqué l'installation du drapeau de l'UE, à moins de 100 jours de la présidentielle. Le secrétaire d'État, Clément Beaune, avait jugé samedi auprès de l'AFP "aberrant de voir la droite tout mélanger et courir désespérément après les polémiques stériles de l'extrême droite".

"Le dispositif (à l'Arc de Triomphe) a été mis en place pour quelques jours, avec les illuminations. Le drapeau français sera évidemment réinstallé. C'est une initiative symbolique et temporaire, qui accompagne le 1er janvier et le début de la présidence française de l'UE", avait-il ajouté.

Les monuments restent illuminés en bleu

Interrogée pour savoir si l'exécutif avait accéléré le mouvement face aux critiques, une source gouvernementale a assuré dimanche à l'AFP que cela n'avait "rien à voir" et qu'il était prévu dès le départ que le drapeau européen soit installé seulement pour le 31 décembre et le 1er janvier.

Quant au retour du drapeau français, l'exécutif n'avait pas de date à fournir mais a rappelé qu'il ne flottait de toute façon pas en permanence sous l'Arc de Triomphe, mais uniquement "pour les grandes cérémonies", a rappelé Clément Beaune.

Pour leur part, les dizaines de monuments illuminés en bleu, dont la Tour Eiffel et le Palais de l'Élysée, le resteront sept jours. "Dans toutes les villes de France, il y aura des illuminations en bleu et étoilées. Ce sera le plus beau symbole que l'on peut opposer à l'extrême droite et à une partie de la droite égarée", s'est réjoui le secrétaire d'État aux Affaires européennes.

E.H. avec AFP