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Après l'annonce d'une nouvelle étape de décentralisation, Larcher et les élus veulent "des actes"

Gérard Larcher lors d'un meeting pour la reconstruction de la droite et du centre à Valenciennes, le 21 juin 2019

Gérard Larcher lors d'un meeting pour la reconstruction de la droite et du centre à Valenciennes, le 21 juin 2019 - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Fraîchement accueilli par les associations d'élus, Emmanuel Macron a affirmé mardi son "obsession d'agir, de réformer" avec les maires.

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron devant le congrès des maires, Gérard Larcher a réclamé mercredi des "actes" au chef de l'État et au gouvernement, notamment sur la décentralisation. Une intervention au cours de laquelle le Président a été accueilli fraîchement par les associations d'élus.

"Le grand débat a marqué une reprise du dialogue entre le président de la République et les maires, encore faut-il traduire maintenant cette prise de conscience, réaffirmée avec force hier, dans les faits et par des actes", a déclaré le président du Sénat devant les élus réunis jusqu'à jeudi Porte de Versailles.

"Au sommet de l'exécutif, on regarde avec les mêmes yeux déconcentration et décentralisation, tendant à considérer la collectivité territoriale à l'identique d'un opérateur de l'État", a-t-il déploré.

"Réformer" avec les maires

À l'issue du grand débat pour sortir de la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle étape de décentralisation pour 2020. Un projet de loi porté par la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, baptisé "3D", pour décentralisation, déconcentration, différenciation, doit être présenté à la fin du premier semestre. Le chef de l'État a par ailleurs affirmé mardi son "obsession d'agir, de réformer" avec les maires.

Gérard Larcher a invité les trois associations d'élus - AMF, ADF et Régions de France - réunies au sein de Territoires unis, à écrire avec les sénateurs "la trame de cette nouvelle génération de la décentralisation".

Au lendemain des élections municipales de mars, Territoires unis sera "à l'initiative d'une production de ce que nous souhaitons comme décentralisation, a indiqué le président de l'Association des maires de France, François Baroin (LR).

Scepticisme parmi les élus

À la tête de l'Assemblée des départements (ADF), Dominique Bussereau, n'a pas ressenti pour sa part "une vraie volonté décentralisatrice chez le chef de l'État".

"Je pense que nous devrons forcer les portes pour permettre une véritable période de décentralisation", a-t-il affirmé, jugeant qu'"il ne faut pas s'attendre à quelque chose de puissant du côté de l'État".
"On va s'attaquer à cette fameuse loi des 3D. Qui met quoi dedans ?", a lancé Renaud Muselier, président LR de la région Sud et de Régions de France: "Il faut qu'on s'y attelle très vite, à l'issue du congrès, de façon à faire des propositions très concrètes".
C.M. avec AFP