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Affaires: François Fillon dit avoir souvent "pensé à Pierre Bérégovoy"

François Fillon sur le plateau de France 2.

François Fillon sur le plateau de France 2. - THOMAS SAMSON - AFP

Invité de "L'Emission politique" sur France ce jeudi soir, François Fillon est revenu sur les polémiques qui secouent sa campagne. Il a notamment confié que ces controverses lui avaient souvent fait penser à Pierre Bérégovoy, ex-Premier ministre qui s'était suicidé en 1993.

Dans "L'émission politique" de France 2, ce jeudi soir, le candidat de la droite et du centre a dû évoquer les controverses médiatiques et judiciaires dont il est l'objet. Des soupçons d'emplois fictifs distribués à des membres de sa famille aux costumes de luxe offerts, qu'il dit avoir depuis rendus, par son ami Robert Bourgi, sa campagne a été troublée par de multiples affaires.

"Ça fait deux mois que la presse déverse sur moi, ma famille, des torrents de boue. Vous me permettrez ce soir de m’expliquer. J’ai été élu à 27 ans, ça fait 36 ans que je me consacre à la chose publique. J’ai été maire d’une ville de 15.000 habitants pendant 18 ans. (…) A-t-on une seule fois remis en cause mon honnêteté ? Jamais. J’ai président de la région des Pays de la Loire, y a-t-il eu des soupçons ? Jamais. J’ai été ministre, Premier ministre, ai-je été soupçonné de privilégier des intérêts privés sur l’intérêt général? Jamais", a énuméré l'ancien chef de gouvernement. 

Un drame survenu en 1993

La dégradation de son image auprès du public lui a évoqué la fin de carrière d'un autre personnage politique ayant dirigé le gouvernement français: "Et voici qu’à deux mois de la présidentielle, je deviens un personnage sulfureux et, pour tout dire, corrompu. Cette image qui bien évidemment me blesse et dans laquelle je ne me reconnais pas, m’a fait souvent penser à Pierre Bérégovoy." Interrogé pour savoir s'il avait songé à mettre fin à séjour, François Fillon a répondu: "J’ai compris pourquoi, on pouvait être amené à cette extrémité en tous cas, quand l’image qui est donnée de vous est le contraire de ce que vous croyez être."

Le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy s'est tué par balle, le long d’un canal, près de Nevers, dans la Nièvre. Il venait de perdre son poste de Premier ministre après le désastre électoral de la gauche aux législatives, défaite qu'il pensait avoir aggravée. Pourquoi? Parce que depuis le 1er février, Pierre Bérégovoy, alors chef de gouvernement, est au coeur d'une affaire qui concentre l'attention de l'opinion. A cette date, le Canard enchaîné révèle qu’en 1986, le ministre de l’Economie et des Finances qu’il est alors a perçu un prêt sans intérêt de l’homme d’affaires Roger-Patrice Pelat. Avec ce million de francs, Pierre Bérégovoy a acheté un appartement parisien. Durant toute la campagne pour le renouvellement de l'Assemblée nationale, Pierre Bérégovoy subira les critiques acérées de l'opposition mais aussi de manifestants. 

Une référence qui a fait sortir de ses gonds Christine Angot

Cette référence à la mort de Pierre Bérégovoy a suscité un écho imprévu plus tard dans l'émission. La romancière Christine Angot, invitée sur le plateau, a d'abord accusé François Fillon de "malhonnêteté" et a justifié cette invective par cette mention faite au défunt Premier ministre: "Le pompon de toute cette histoire, c’est le coup de Bérégovoy que vous avez fait tout à l’heure. Là, il y a tous ces fans, ils font ce qu’ils veulent, mais le coup de Bérégovoy, ça choque les gens. Ma question, si j’en ai une, c’est la suivante : est-ce que vous nous faites un chantage au suicide ?"

François Fillon a rétorqué: "Je n’ai pas dit ça. Vous ne pouvez pas, au moins comprendre, que je sois blessé par des accusations, qui sont mensongères ?" Devant les railleries de Christine Angot, des huées sont parties des tribunes en provenance des partisans du député parisien, une voix lançant même à la femme de lettres qu'elle était "lamentable".

R.V.