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Affaire des "écoutes": Claude Guéant voit dans le procès de Nicolas Sarkozy une "volonté d'humilier"

L'ancien secrétaire général de l'Elysée a réaffirmé, sur notre antenne, son soutien à Nicolas Sarkozy. Il dénonce un "acharnement" de la justice, alors que le procès s'ouvre ce lundi.

"Je trouve que c'est un recul démocratique grave." Invité sur le plateau de BFMTV ce lundi, Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, a apporté un soutien inébranlable à l'ex-président de la République. Ce dernier comparaît ce jour même devant le tribunal correctionnel de Paris pour "corruption" dans l'affaire dite des "écoutes".

"Personne n’est au-dessus des lois, mais encore faut-il qu’il y ait matière à poursuivre. Je relève que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme indique que les éléments qui sont dans une conversation téléphonique entre un avocat et son client ne peuvent pas être retenus contre le client", a souligné l'ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant fait ainsi référence aux échanges entre Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog, interceptés par les enquêteurs qui avaient mis sa ligne sur écoute pour l'instruction d'une autre enquête: celle des soupçons de financements libyens. Une affaire dans laquelle Claude Guéant est d'ailleurs mis en examen aux côtés de l'ancien chef d'Etat.

"Atteinte à l’image d’un président"

Selon l'accusation, les enquêteurs ont découvert, grâce à ces écoutes, l'existence d'un pacte de corruption: Nicolas Sarkozy a, par l'intermédiaire de son avocat, envisagé d'apporter un "coup de pouce" au juge Gilbert Azibert pour un poste à Monaco qu'il convoitait - et qu'il n'a, finalement, jamais obtenu. En contrepartie, ce haut magistrat a fourni des informations couvertes par le secret sur une procédure engagée par Sarkozy devant la Cour de cassation en marge d'une troisième enquête: l'affaire Bettencourt. Celle-ci s'est depuis terminée par un non-lieu.

L'ex-secrétaire général de l'Elysée analyse ces écoutes et les poursuites qui en découlent comme un "acharnement" et une "volonté d’humilier" de la part de la justice qui tend à "s’ériger en régulateur de la vie sociale et politique, elle veut s’ériger en pouvoir".

Et d'ajouter: "Porter atteinte à l’image d’un président, ça me semble grave."

De son côté, Nicolas Sarkozy dénonce un "scandale qui restera dans les annales" et clame ne pas être "un pourri".

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV