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Affaire Darmanin: Schiappa dit ne pas "attendre de brevet de féministe"

Le nouveau ministre de l'Intérieur est visé par une plainte pour viol pour des faits qui remontent à 2009.

Invitée ce lundi matin sur BFMTV-RMC, la nouvelle ministre déléguée chargée de la Citoyenneté est revenue sur la nomination contestée de Gérald Darmanin au poste de ministre de l'Intérieur, et sous l'égide duquel elle devra travailler jusqu'à la fin du quinquennat. Ce dernier est accusé de viol par une femme pour des faits qui se seraient déroulés en 2009 à Tourcoing, dans le Nord.

"Je ne suis pas juge"

Dans un premier temps, cette dernière a assuré "ne pas pouvoir entrer dans les détails de l'affaire" en raison de la séparation des pouvoirs. "J’appartiens à l’exécutif et je ne peux commenter les affaires judiciaires", a-t-elle précisé.

Pour elle, la justice a fait son travail et le ministre peut ainsi occuper son poste, malgré l'enquête en cours.

"Ce que j’observe dans cette affaire, c’est qu’il y a eu une enquête et trois décisions qui amènent à un non-lieu et un classement sans suite. L’affaire a été rouverte pour des questions de procédures et Darmanin n’est pas mis en examen", a-t-elle expliqué.

Quant à son avis personnel quant à cette affaire, la ministre a cette fois-ci botté en touche.

"Je ne suis pas juge et vous non plus. On s’en remet à la justice, la justice a enquêté et la justice a été rendue et a dit qu’il n’y avait pas de viols, ni agression ni harcèlement. Je ne vais pas faire un tribunal populaire", a-t-elle poursuivi.

Gérald Darmanin est inquiété par une plainte pour des faits qui remonteraient à 2009. À l'époque, la plaignante, Sophie Patterson-Spatz, dit avoir demandé de l'aide à ce dernier qui était alors déjà élu de Tourcoing et conseiller aux affaires juridiques à l'UMP.

Cette femme, âgée de 36 ans à l'époque, sympathisante du parti, l'avait sollicité pour faire annuler une condamnation datant de 2004 pour chantage et appels malveillants contre son ancien compagnon. Selon la trentenaire, l'actuel ministre de l'Intérieur lui aurait alors proposé une relation sexuelle en l'échange d'une lettre envoyée directement au ministre de la Justice. Le 11 juin dernier, la Cour d'appel de Paris a ordonné la reprise des investigations dans cette affaire.

En réaction à sa nomination, se sont déroulées dans plusieurs villes de France des manifestations féministes afin de demander son départ, ainsi que celui du nouveau garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti.

"Je suis féministe depuis l’adolescence"

Interrogée sur ces mobilisations et son combat féministe, Marlène Schiappa a assuré qu'il n'était pas incompatible avec sa position actuelle.

"Je suis féministe depuis l’adolescence et je n’attends pas de brevet de féministe, et pas des gens qui pourfendent le gouvernement, qui mènent un combat contre le gouvernement. (...) Il y a une instrumentalisation politique, je n’aurais jamais accepté de travailler avec un homme reconnu coupable de viol", s'est-elle justifiée.

Quant à ses anciennes déclarations à propos du cas Polanski, pour lequel elle avait assuré qu'elle n'applaudirait jamais un homme reconnu coupable de viol, la ministre s'est également expliquée.

"La différence, c’est la justice. Pour Polanski il y a plusieurs affaires qui n’ont pas été jugées. Il est devenu le symbole d’une forme d’impunité, il y a des femmes qui l’accusent et ce n’est pas passé par la justice. Mon combat c’est que les plaintes pour viol, que toutes les plaintes soient prises et transmises et que la justice puisse passer", a-t-elle affirmé.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV