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Affaire Benalla: Macron s'exprime pour la première fois devant la presse

Ce mercredi soir, Emmanuel Macron a évoqué pour la première fois devant la presse, et non le cercle restreint de ses proches, l'affaire Benalla.

"Je suis fier de l'avoir embauché à l'Elysée". En déplacement à Bagnères-de-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, Emmanuel Macron a évoqué, ce mercredi soir, pour la première fois devant la presse, devant nos caméras, et non devant les parlementaires favorables à sa politique ou son entourage immédiat, la polémique qui constitue la turbulence la plus importante pour l'exécutif depuis le début de son mandat. S'il a expliqué aux journalistes ne pas regretter d'avoir intégré Alexandre Benalla dans son équipe à l'Elysée, en raison de son "dévouement et de son parcours différent", le président de la République a une nouvelle fois concédé que le comportement de ce dernier le 1er mai était une "faute réelle, grave". 

"La décision de mon cabinet, je l'ai approuvée" 

"Quand il a fait une seconde faute, il a été sanctionné plus durement", a continué le chef de l'Etat rappelant que son ancien chargé de mission venait d'être licencié. Initialement, quand les agissements d'Alexandre Benalla ont été connus de son cabinet le 2 mai, une simple suspension de quinze jours avait été prononcée contre lui. "La décision prise par mon cabinet, je l'ai approuvée", a-t-il dit, affirmant même qu'il l'avait alors jugée "proportionnée". "La justice dira s'il fallait en prendre une autre", a-t-il poursuivi. 

Emmanuel Macron a soutenu qu'il croyait en "cette République exemplaire" mais que celle-ci n'était pas "une république infaillible". Alors qu'il lui était demandé s'il n'aurait pas dû saisir la justice au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, il a répondu: "Pas du tout, ça ne marche pas du tout comme ça ! Il y a la justice qui a été saisie, il y a des enquêtes administratives." "Chez moi, les gens ont un salaire parce qu'ils travaillent, et des choses attachées à leurs fonctions", a-t-il complété. "Rien n’est jamais caché, quand la justice doit passer, elle passe", a-t-il asséné. Emmanuel Macron est apparu sûr de lui à l'instant d'examiner sa gestion du dossier: "J'ai tiré les décisions au bon moment. (...) Chacun doit faire son travail, je vais continuer à faire le mien, j'ai dit ce que j'avais à dire. Il est important que la justice fasse son travail, que le parlement fasse son travail, que le gouvernement fasse son travail. Ce qui devait être fait a été fait". 

Macron s'emporte contre les médias 

Concernant Alexandre Benalla, il a appuyé: "Tout le monde fait des erreurs. Moi-même j’ai fait des erreurs, le tout c’est, dans les règles de droit, d'y apporter des réponses. Les gens sont en train de considérer qu'il faut massacrer tout le monde dès qu'il y a une erreur", a-t-il déploré. Dans la continuité, il s'en est pris aux médias, visiblement agacé: "La presse aussi se trompe parfois mais il faut qu'elle se corrige. Et à ce moment-là on lui pardonne".

Il a alors varié sur ce même thème: "Beaucoup de gens ont perdu la raison. Beaucoup ont dit des choses fausses et oublient de les corriger." Il a également déclaré, à l'adresse des journalistes: "Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages. Tout ça était faux, et c’est important de le dire aux Français." "Ce qui a été dit aux Français pendant des jours et des jours était des fadaises", a-t-il insisté. Il a vu dans cette polémique "une violence" cherchant selon lui "un procès politique sur la base d’une affaire, qui est triste, mais qui est l’affaire d’un homme". 

Ce mercredi soir, Emmanuel Macron devait dîner à l'abbaye de l'Escaladieu en compagnie, entre autres, de François Bayrou et de Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. 

Robin Verner avec Mathieu Coache