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Accusé de "conflits d'intérêts", Delevoye assure "être au clair" et rappelle "son souci de transparence"

Plusieurs députés de l'opposition reprochent à Jean-Paul Delevoye, l'homme chargé de mener à bien la réforme des retraites, ses liens avec le monde des assurances. Sur les bancs de l'Assemblée ce mardi, le haut-commissaire a rappelé qu'il avait démissionné de ses fonctions et qu'il était "au clair" par rapport à cela.

Le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye s'est défendu, ce mardi à l'Assemblée nationale, d'être impliqué dans des conflits d'intérêts avec le milieu des assurances.

Un peu plus tôt, l'homme chargé de mener à bien la réforme des retraites avait fait savoir qu'il quittait ses fonctions au sein du groupe IGS, après avoir été pointé du doigt pour avoir oublié de déclarer ses fonctions d'administrateur de l'Ifpass (l'institut de formation dans les assurance) dans sa déclaration d'intérêts publiée samedi. 

"Mon parcours prouve mon souci de transparence et de respect des lois", a déclaré le haut-commissaire aux retraites devant l'Assemblée nationale, alors qu'il était interpellé par plusieurs membres de l'opposition, notamment des députés La France Insoumise.
"La preuve est que, par rapport aux déclarations, je me suis toujours entouré d'avis juridiques pour être en règle. Et à ce jour, compte-tenu des suspicions que certains n'ont cessé d'alimenter, j'ai mis un terme à toutes mes activités et je suis au clair par rapport à cela", a ajouté Jean-Paul Delevoye.

"M. Delevoye, vous n'êtes plus l'homme de la situation!"

Ce mardi après-midi, le député Alexis Corbière avait accusé Jean-Paul Delevoye de "conflit d'intérêts", lui reprochant d'avoir oublié de déclarer ses liens avec le monde de l'assurance.

"Cet homme siège au siège d'administration d'une assurance privée. Vous trouvez ça normal? Il y a là conflit d'intérêts, oui monsieur!", avait-il dénoncé dans l'Hémicycle, avant d'interpeller directement l'intéressé:
"M. Delevoye, vous n'êtes plus l'homme de la situation pour mener cette réforme des retraites, parce qu'on ne vous fait pas confiance. Les gens savent au profit de quoi vous êtes! C'est le fond du sujet. Il y a actuellement des centaines de milliers de Français dans la rue qui n'ont plus confiance dans ce gouvernement, et ils ont bien raison", a encore vitupéré le député LFI de Seine-Saint-Denis.

"Une réforme au service des assureurs"

Lors de la séance des questions au gouvernement ce mardi après-midi, le député insoumis du Nord Adrien Quatennens a lui aussi accusé le haut-commissaire aux retraites de vouloir "faire avaler au pays une réforme au service des assureurs, des banques et des fonds de pension!"

Adrien Quatennens a également fustigé le système de retraites par points envisagé par le gouvernement, considérant qu'il allait "faire perdre tout le monde". "Tout le monde, sauf les amis de M. Delevoye: les assureurs et les banques", a-t-il nuancé. "Qui d'ailleurs ne vous rendent pas service en vous déclarant leur flamme à grand décibels".

Jeanne Bulant