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A quoi pourrait ressembler le service national universel

Des militaires à l'Hôtel des Invalides le 27 novembre 2017 à Paris.

Des militaires à l'Hôtel des Invalides le 27 novembre 2017 à Paris. - JACQUES DEMARTHON / AFP

Le projet défendu par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle a changé au fil des mois. Si ses contours doivent encore être arbitrés par le gouvernement, quelques pistes se dessinent, alors qu'un rapport est présenté mercredi et qu'une première expérimentation doit être lancée en 2019.

Ce n'est encore qu'un projet mais il pose déjà beaucoup de questions. Le service national obligatoire universel voulu par l'exécutif a été évoqué par Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle. En mars 2017, il proposait de rétablir un "service national obligatoire et universel" d'un mois, pour l'ensemble d'une même classe d'âge, soit 600.000 à 800.000 jeunes, entre 18 et 21 ans. Un an plus tard, il fait partie des chantiers que le chef de l'Etat entend mener à bien, si bien qu'une première expérimentation est déjà promise pour 2019, alors que les contours de ce service sont encore flous.

Cafouillage au gouvernement

Le gouvernement lui-même semble manquer de cohésion à ce sujet, les deux ministres principalement concernés s'étant contredit en l'espace de deux jours. Florence Parly, aux Armées, a déclaré vendredi que le gouvernement chercherait à le rendre "attractif", mais qu'il n'aurait sans doute pas de caractère obligatoire. Dimanche, Gérard Collomb, à l'Intérieur, s'est dit favorable à un service "obligatoire". Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a tranché ce mardi. Le service national universel sera "obligatoire" pour les garçons et les filles d'une même classe d'âge. Le but est d'en faire un "moment de rencontre entre la jeunesse de notre pays et la nation, et en partie son armée" mais aussi "un engagement civique".

Des question juridiques et financières

Un rapport technique du groupe de travail nommé par l'Elysée doit être rendu fin avril et un autre, parlementaire, prévu au départ pour le 21 février, sera présenté dès ce mercredi. Le sujet soulève déjà des écueils juridiques, car son caractère obligatoire pourrait par exemple contrevenir à la liberté de circulation. Alors que cela question devra être arbitré par l'exécutif, ce mardi soir Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'une "partie obligatoire de 3 à 6 mois". Il a donné quelques précisions sur les contours possible de ce service. Il a souhaité que le service soit "obligatoire, ouvert aux femmes et aux hommes" pouvant avoir "une ouverture sur la chose militaire", mais "dont la forme pourra être civique". De nombreuses voix s'interrogent aussi sur le coût d'un tel projet, estimé entre 2 et 3 milliards d'euros par an. Ce service "aura un coût", a admis le chef de l'Etat, "mais je ne pense pas qu'il soit prohibitif. Il ne s'agit pas de recréer des casernements massifs".

Dans le document présenté mercredi, il semblerait que la commission Défense de l'Assemblée nationale propose une troisième voie, "entre l'enclume jupitérienne et la foudre des armées", dont les moyens et les capacités d'hébergement ont été réduites depuis la fin du service militaire en 1997. A ce stade, il semblerait que le projet sera interministériel, et non pas à la seule charge du ministère de la Défense.

Un "parcours citoyen" en 3 étapes

Comme le rapporte France Inter, le texte préconiserait un "parcours citoyen" plus qu'un "service", que les jeunes gens pourraient effectuer en trois étapes entre 11 et 25 ans, avec une étape pour chaque âge. La première étape, entre 11 et 16 ans, serait une semaine annuelle de la défense et de la citoyenneté, obligatoire. Celle-ci aurait lieu dans l'établissement scolaire, avec une liberté laissée aux chefs d'établissement. 

Ensuite, à 16 ans, interviendrait un "rite de passage": soit une semaine en internat pendant des vacances scolaires, soit 7 jours en immersion dans une association agréée. Cette expérience déboucherait sur l'obtention d'un passeport citoyen. Enfin, la dernière étape, entre 16 et 25 ans, serait une incitation à l'engagement. "Des aides au logement ou un tarif préférentiel dans les transports seraient proposés pour inciter les jeunes à faire ce choix, mais aussi la valorisation du parcours universitaire ou l’accès facilité à certains droit", décrit France Inter. 

Charlie Vandekerkhove avec AFP