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À Mayotte, Macron s'inquiète des bons scores du Rassemblement national aux élections

Emmanuel Macron le 22 octobre sur l'île de Mayotte

Emmanuel Macron le 22 octobre sur l'île de Mayotte - BFMTV

Le chef d'État a reconnu que les résultats du RN, arrivé en tête aux dernières élections était l'une des conséquences de l'immigration clandestine, très présente dans le département.

Emmanuel Macron a entamé mardi une tournée de quatre jours dans l'océan Indien, avec un passage par Mayotte, où il était vivement attendu sur la question de l'immigration clandestine. Sur l'île, la population a voté majoritairement pour le Rassemblement national aux élections européennes de mai dernier, avec 45,56% des voix - un scrutin également marqué par une forte abstention: 71,36% des électeurs inscrits ne se sont pas déplacés.

"Vous avez vu les chiffres du RN ici"

"Aujourd'hui, vous avez à peu près la moitié de la population qui vient de l'immigration et qui n'est plus mahoraise", a expliqué le président de la République lors d'une prise de parole devant les caméras à Mamoudzou.

Et de poursuivre:

"Vous rencontrez beaucoup de gens ici qui disent 'l'immigration c'est ce qui m'a permis d'arriver là'. C'est vrai. Donc il ne faut pas faire de simplification. Maintenant si on laisse l'immigration clandestine au niveau où elle était... Vous avez vu les chiffres du Rassemblement national ici. Vous avez vu les difficultés économiques, l'habitat insalubre. Cela a une résultante", a estimé Emmanuel Macron.

"Les Mahoraises et les Mahorais disent "si vous laissez l'immigration clandestine, à ce moment-là il n'y a plus de règle. Comment moi je fais pour vivre? Il faut garder des équilibres", a-t-il ajouté.

Lutter contre les "discours de haine"

Tout en reconnaissant la nécessité de "se battre contre l'immigration clandestine", le chef d'État a assuré qu'il était possible de le faire "sans avoir un discours de haine".

"C'est ni tout blanc ni tout noir et donc on se bat contre l'immigration clandestine, d'abord en négociant des textes avec les Comores" voisines, a poursuivi le chef de l'État.

Depuis la métropole, Marine Le Pen a ironisé sur l'attitude du chef de l'Etat. "C'est bien de voter Rassemblement national. (...) Ça oblige, en réalité, Emmanuel Macron à s'intéresser à la situation, qui est catastrophique, de l'île de Mayotte", a-t-elle affirmé sur BFMTV.

Sur Twitter, elle a en parallèle appelé à la suppression du droit du sol. :

"Tant que Macron n'annonce pas la suspension du droit du sol et l'impossibilité de régularisation pour tout clandestin, qu'il ne durcit pas le ton face aux Comores, la submersion migratoire se poursuivra à Mayotte", a-t-elle tweeté.