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A Mayotte, Macron met en garde contre une immigration clandestine "pouvant déstabiliser un territoire"

Emmanuel Macron est en déplacement ce mardi à Mayotte. Lors d'un entretien accordé à BFMTV, il a évoqué le sujet de l'immigration clandestine, appelant à la distinguer des demandes d'asile.

Emmanuel Macron s'est posé ce mardi matin sur le sol de l'île de Mayotte, territoire français où l'immigration clandestine est une thématique majeure. Encore ceint du collier de fleurs remis à son arrivée, il a répondu à quelques unes des questions de BFMTV à ce sujet. Le président de la République a d'abord appelé à faire la distinction entre le droit d'asile et l'immigration clandestine: 

"Il ne faut pas confondre l’asile, protégée par notre constitution, qui consiste à protéger sur notre sol des femmes et des hommes qui risquent leur vie dans leur pays parce qu’il est en guerre, ou en raison de leurs opinions politiques, religieuses ou autres, avec le phénomène de la migration qui quand il n’est pas contrôlé, ne répond plus à aucune règle, peut déstabiliser profondément un territoire."

"Mayotte a été profondément bousculée"

Il a alors pris l'exemple de l'archipel. "Mayotte a été profondément bousculée par l’immigration clandestine, qui n’était pas de la demande d’asile, qui était une immigration clandestine venant souvent des Comores, qui arrivait dans des conditions extrêmement dangereuses", explique-t-il.

Le président de la République évoque "des ressortissants étrangers" qui "venaient s’installer, souvent de manière illégale, restaient pendant des années, tout ça pour toucher les minimas sociaux, être régularisés et plonger au fond dans une situation très difficile parce que ça ajoutait à la difficulté économique qui existait déjà ici".

"C’est la même chose sur le territoire hexagonal", assure-t-il, prolongeant un peu plus tard son propos: "Nous avons une pression migratoire sur le sol français nettement supérieure à ce que nous connaissions il y a deux ans."

"Il y a dans notre pays beaucoup d’étrangers qui arrivent en situation irrégulière qui s’inscrivent à la demande d’asile mais n’y ont pas droit", affirme Emmanuel Macron. "On le sait très bien car ils viennent soit de pays qu’on connaît et qui sont sûrs, soit parce que des réseaux de trafiquants les ont abusés et ont utilisé en quelque sorte la demande d’asile comme un contournement."

Le "vrai 'et en même temps'"

Emmanuel Macron en est revenu à sa célèbre antienne: "C’est du vrai ‘en même temps’. Si on veut pouvoir répondre à la vraie demande d’asile, il nous faut être rigoureux sur ce qui ne relève pas de l’asile. C’est pour ça que nous nous battons contre l’immigration clandestine."

Il estime que sa position cherchait à éviter deux écueils: "Ce discours, c’est un discours qui ne veut rien céder à la remise en cause de nos principes fondamentaux et constitutionnels, (ce) qui est le discours du Rassemblement National, rien à un irénisme de gens qui voudraient fermer les yeux et ne pas voir qu’il y a un sujet et que nous avons une immigration clandestine qui pose problème". 

Agathe Lambret, avec Robin Verner