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7 anecdotes sur le paradoxal Jacques Chirac, par ses proches

Jacques Chirac

Jacques Chirac - AFP

Jacques Chirac est mort ce 26 septembre. Personnage complexe, l'ancien chef de l'Etat a été raconté de mille manières. A la fois tendre et autoritaire, inculte et cultivé,... une vie riche d'anecdotes. Compilation de certaines confidences glissées par des proches.

> Playboy et la poésie

Dans un documentaire de Franz-Olivier Giesbert, Claude Chirac, sa fille, raconte un anecdote rapportée par Françoise Giroud. Elle illustre d'une certaine manière le rapport de l'ancien chef de l'Etat à la culture.

"D'habitude, les hommes lisent Playboy ou Lui caché derrière un ouvrage de poésie. Chirac, lui, lit un livre de poésie caché derrière un Playboy", expliquait-elle.

> A Rome, tout est cassé?

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et directeur des affaires culturelles de la mairie de Paris connaît bien Jacques Chirac. Dans un entretien accordé à Télérama, il explique aussi la pudeur du personnage vis-à-vis de la culture. Alors qu'il l'accompagnait à Rome et que Jacques Chirac était encore maire de Paris, il a interpellé son homologue:

"Qu’est ce qui s’est passé chez vous cher collègue? Il y a eu un bombardement? Tout est cassé…"

> "Nous autres Européens, nous sommes comportés comme des sagouins"

A la tête de la mairie de Paris, Jacques Chirac reçoit une note de son directeur des affaires culturelles, Jean-Jacques Aillagon, qui lui propose d'organiser une grande exposition à l'occasion du cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique. L'idée ne plait pas beaucoup au futur chef de l'Etat qui préfère mettre en lumière la civilisation des Taïno Arrawak. Explication?

"Vous comprenez, le cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique, on ne va pas le célébrer, nous autres Européens. Nous nous sommes comportés comme des sagouins, on a usé de violence à l’égard des peuples que nous avons découverts, on les a anéantis, on a apporté nos maladies, on les a exterminés, réduits en esclavage, détruit leurs civilisation", rapporte Jean-Jacques Aillagon.

> Rassurant avec Moscovici

Dans Chirac, la vie d'après, le journaliste Bruno Dive raconte une rencontre entre Jacques Chirac et Pierre Moscovici, ministre chargé des Affaires européennes entre 1997 et 2002. Alors que ce dernier affiche un air sombre, le chef de l'Etat lui lance:

"Vos amis sont pas gentils avec vous, hein? Vous avez dit une connerie? Mais c'est pas grave! Regardez: moi, ça fait 35 ans que j'en dis, et je suis toujours là!"

> Le Nikki-Beach raconté par Jean-Louis Debré

Invité du Petit journal de Canal+, époque Yann Barthès, l'ancien président du Conseil constitutionnel se lâche. Il explique qu'il a été invité par Jacques Chirac dans un restaurant de Saint-Tropez, le Nikki-Beach. Et raconte, visiblement très amusé, l'arrivée dans l'établissement et l'accueil par une serveuse aux seins nus, sous le regard noir de Bernadette Chirac. Cette serveuse demande à l'ancien président de la République une photo. C'est alors que son épouse ordonne à Jean-Louis Debré de se mettre "entre cette serveuse et le président",

"J'avais d'un côté le sein de la serveuse qui me touchait, et de l'autre le bras de Chirac qui me poussait pour voir la serveuse", s'amuse-t-il.

> Chirac et le bio

Toujours avec Jean-Louis Debré, avec lequel il a partagé de nombreuses tables, Jacques Chirac se rend dans un restaurant bio à l'invitation de la fille de l'ancien président du Conseil constitutionnel.

"Est-ce que c'est dangereux", demande-t-il à son compère, avant d'avaler du quinoa pour la première fois de sa vie.

En sortant, il lance à Jean-Louis Debré: "j'ai faim". Et tout cela se termine autour d'une entrecôte dans un bistrot, explique le proche de Jacques Chirac dans Les Echos.

> Prêt à "coller des enveloppes pour Juppé"

Même disparu des écrans, Jacques Chirac a refait savoir qu'il accordait son soutien à Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre en vue de la présidentielle de 2017. Dans le magazine Marianne, il aurait juré auprès de Hervé Gaymard :

"S'il faut venir coller des enveloppes (pour Juppé, NDLR), je viendrai!".

Plus tôt, il avait aussi glissé au Figaro que, s'il en "avait l'énergie", il aurait "déjà réservé une place, même petite, à son QG".

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Jacques Chirac

Ivan Valerio