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2017: Poussé par ses soutiens, Emmanuel Macron reste indécis

Emmanuel Macron, le 14 novembre 2015.

Emmanuel Macron, le 14 novembre 2015. - Stéphane de Sakutin - AFP

Beaucoup voyaient Emmanuel Macron, démissionnaire du gouvernement et dirigeant-fondateur, se lancer sans tarder dans la campagne présidentielle. Mais les semaines passent, et toujours rien. Même ses soutiens ne savent plus sur quel pied danser.

A la fin du mois d’août, Emmanuel Macron démissionnait de ses fonctions de ministre de l’Economie, quelques mois après avoir fondé son mouvement "En marche". Au cours des semaines qui ont suivi, de nombreux parlementaires socialistes l’ont rallié, comme le sénateur-maire Gérard Collomb et le député Richard Ferrand élu dans le Finistère. Son horizon paraissait alors clair et devait l’emmener à annoncer sa candidature à la présidentielle, lui qui dit être en-dehors des contingences partisanes. Richard Ferrand est même allé plus loin il y a quelques jours, en déclarant: "Il serait temps que les parlementaires progressistes nous rejoignent, s’ils ne veulent pas rater le train de l’histoire." 

Sauf que le train de l’histoire n’a pas l’air d’aller très vite, de peur sans doute d’une fatale erreur d’aiguillage. A moins qu’il ne soit en panne sèche. Car de revers de main en réponses alambiquées, comme lors de cette intervention au 20h, Emmanuel Macron s’est toujours refusé jusqu’à présent à dévoiler ses intentions réelles quant à 2017.

La nervosité des soutiens

Lors d’une conférence de presse donnée ce mercredi pour en dire plus sur la structure définitive d’ "En marche", le même Richard Ferrand a reconnu la lenteur du calendrier de son patron, tout en la justifiant…jusqu’à un certain point. Il a ainsi expliqué que la décision d’Emmanuel Macron tomberait "lorsque notre réflexion sera aboutie" tout en assurant qu’il n’était pas "question d’attendre sept mois, ce serait un peu tard."

Le même jour, Emmanuel Macron a d’ailleurs eu l’occasion de sentir l’inquiétude pointer parmi ses troupes. Au soixantième étage de la tour Montparnasse, comme le relate ici RTL, il a ainsi rassemblé les parlementaires lui ayant voué leurs faveurs. Plusieurs d’entre eux lui ont alors demandé de se déclarer sans plus attendre…tout au moins comme candidat à la primaire de la gauche. Mais, ils en ont été pour leurs frais: leur chef n’a pas souhaité clarifier sa position. Gérard Collomb s'est montré parmi les plus pressés et désirant nettement que son poulain se lance dans la campagne sans compter sur un désistement préalable de François Hollande. Gérard Collomb a d’ailleurs rencontré Manuel Valls récemment pour lui demander de faire allégeance à Emmanuel Macron, une proposition qui n’a pas plu au chef du gouvernement. 

Manuel Valls, l'épouvantail des partisans d'Emmanuel Macron

En effet, si la fébrilité est telle chez les "macroniens", c’est non seulement en raison du manque de lisibilité de la démarche de leur tête de proue mais aussi de l’accélération de celle du Premier ministre. 

De son côté, Manuel Valls ménage de moins en moins le mystère autour de ses intentions. Soucieux de se présenter en recours à un président très fragilisé pour représenter l’exécutif sortant à la prochaine présidentielle, il multiplie à présent les appels au rassemblement au sein des responsables du Parti socialistes, des sympathisants mais aussi des candidats lancés dans le jeu de la primaire.

Pour le moment, Emmanuel Macron et Manuel Valls se tiennent dans un mouchoir de poche. Selon un sondage Kantar Sofres réalisé pour Le Figaro Magazine auprès de 1005 personnes entre le 21 et 23 octobre, les Français interrogés estiment qu’Emmanuel Macron ferait un meilleur président de la République que son ancien supérieur de l’Hôtel Matignon (33% contre 22%). Pour les sympathisants de gauche, en revanche, c’est l’inverse (39% se portant sur le nom de Manuel Valls et 31% sur celui d’Emmanuel Macron). Pour le moment cependant, seule l’indécision remporte les débats.

Robin Verner