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Yann Moix tempère ses propos sur les policiers: "Je n'aurais pas dû généraliser"

Yann Moix.

Yann Moix. - Eric Feferberg - AFP

L'écrivain et polémiste Yann Moix, qui a provoqué la colère des syndicats policiers le week-end dernier en les accusant notamment de se "victimiser à longueur d'émission de télévision", a reconnu qu'il aurait dû "châtier ses propos".

L'écrivain, documentariste et polémiste Yann Moix a amendé ce mardi ses propos à l'encontre des policiers, diffusés dans l'émission Les Terriens du samedi le week-end dernier sur C8. 

"Mon tort a été l'énervement sur la forme et la généralisation", a-t-il déclaré sur LCI. "C'est toujours ma propension à l'excès, je suis comme ça, je suis quelqu'un d'excessif. Je n'aurais pas dû généraliser, j'aurais dû châtier mes propos", a-t-il poursuivi.

"Ce débat est sain"

L'écrivain a néanmoins précisé qu'il ne reniait pas le fond de ses propos. "Il n'empêche que la police a quand même aussi des torts", a-t-il souligné. "Le délit de faciès, ce n'est pas moi qui l'ai inventé. (...) On ne peut pas me dire non plus qu'il n'y a aucun problème. Alors la manière dont je l'ai exprimé est malheureuse, mais je suis désolé, ce débat est sain", a-t-il assuré. 

Dans l'émission de samedi, Yann Moix avait lancé une charge virulente contre les forces de l'ordre. "Si vous venez dire ici que les policiers ont peur, vous savez bien que la faiblesse attise la haine: dire que vous chiez dans votre froc, alors que vous faites un métier qui devrait prendre cette peur en compte...", avait-il lancé. 

Il les avait également accusés de se "victimiser à longueur d'émission de télévision" alors que leurs "cibles préférées sont les pauvres et les milieux défavorisés". Yann Moix s'était aussi dit "spectateur du harcèlement (qu'ils pratiquent) sur des gens inoffensifs". "Effectivement, la peur au ventre, vous n'avez pas les couilles d'aller dans des endroits dangereux", avait-il ajouté.

"Je n'ai absolument rien contre la police"

"C'est pas moi qui suis venu dire à la télévision que les policiers avaient peur, ce sont des policiers eux-mêmes qui sont venus dire 'Nous avons peur'. Je l'ai dit avec des mots grossiers, que je regrette, ce n'est jamais bien les mots grossiers. (...) J'ai manqué d'intelligence sur cette manière de m'exprimer", a concédé l'écrivain. 

"Personne n'est 'anti-flic' dans cette histoire", a assuré Yann Moix. "Être anti-flic n'a aucun sens et aucun intérêt. J'étais en colère, on peut être en colère contre des gens qu'on aime bien, et je n'ai absolument rien contre la police parce que je suis, et je reste absolument traumatisé par les violences policières que j'ai vues de mes yeux vues à Calais", a-t-il développé sur LCI. 

L'écrivain a par ailleurs rappelé qu'il considérait que c'était un "mauvais signal" qu'un membre des forces de l'ordre exprime sa "peur" à la télévision.

"Je trouve qu'ils sont abandonnés par les politiques. Ils se retrouvent dans des situations, s'ils interviennent trop ils sont sanctionnés, s'ils n'interviennent pas assez, ils sont caillassés. Ils sont pris dans un étau et être un policier doit être un cauchemar actuellement en France", a jugé Yann Moix, qui a salué les invitations des policiers à patrouiller avec eux sur le terrain et affirmé qu'il avait fait plusieurs demandes auprès du ministère de l'Intérieur. 

L.A.