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Yann Moix condamné en appel pour diffamation, pour avoir qualifié Renaud Camus "d'assez antisémite"

Yann Moix

Yann Moix - FRANCOIS LO PRESTI - AFP

Le chroniqueur devra verser 1.000 euros de dommages et intérêts à Renaud Camus, ainsi que 2.000 euros de frais de procédure.

L'auteur et chroniqueur Yann Moix, relaxé en juillet, a été condamné mercredi en appel pour diffamation envers l'écrivain d'extrême-droite Renaud Camus, qu'il avait qualifié d'"assez antisémite".

La cour d'appel de Paris a condamné Yann Moix à verser 1.000 euros de dommages et intérêts à Renaud Camus, ainsi qu'à s'acquitter de 2.000 euros de frais de procédure.

Elle a estimé que "l'imputation d'antisémitisme était suffisamment précise" et que la preuve apportée, qui aurait pu être "plus complète", était "suffisante en l'état".

Des propos datés de 2017

En première instance, le tribunal correctionnel avait relaxé le chroniqueur, estimant que Renaud Camus n'avait "pas rapporté" la preuve des propos litigieux, sa défense s'étant contentée d'en produire "une simple retranscription libre", "réalisée dans des conditions ignorées par le tribunal".

Les propos visés ont été tenus le 3 juin 2017, sur le plateau de l'émission On n'est pas couché, sur France 2: les débats avaient porté sur Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement" (par l'immigration) qui menace selon lui la civilisation française.

"Renaud Camus c'est un écrivain un petit peu misanthrope, assez antisémite", avait déclaré Yann Moix. L'écrivain Charles Consigny, invité sur le plateau, l'avait coupé : "Il n'est pas antisémite". "On va y revenir, en tout cas il est raciste", avait répondu Yann Moix.

"Aucune imprécision de la citation"

Renaud Camus, 71 ans, avait attaqué Yann Moix en diffamation s'agissant uniquement des accusations d'antisémitisme, pas de racisme, lui réclamant 30.000 euros de dommages et intérêts.

À l'audience, il avait expliqué considérer ces propos comme une résurgence de "l'affaire Camus" qui, en 2000, avait conduit au retrait de la vente d'un de ses livres, La campagne de France, après que plusieurs personnalités avaient dénoncé son "antisémitisme" - il s'y étonnait notamment du trop grand nombre de collaborateurs juifs d'une émission de France Culture, Panorama.

Contrairement au tribunal correctionnel, la cour d'appel a jugé qu'il n'y avait "aucune imprécision de la citation" visée de Yann Moix.

Un antécédent judiciaire

Renaud Camus a été condamné en appel en 2015 à 4.000 euros d'amende pour provocation à la haine ou à la violence contre les musulmans, pour des propos tenus en 2010.

"Même si l'antisémitisme est une des formes du racisme envisagé dans un sens général, cette unique condamnation pénale pour un propos tenu en 2010, ne peut caractériser l'antisémitisme imputé à la partie civile", indique l'arrêt que l'AFP a pu consulter.

L'avocat de Renaud Camus, Me Stéphane Bonichot, a salué une "décision importante" pour son client, qui "a toujours expliqué qu'il avait des positions particulières sur différents sujets, mais qu'il n'était pas antisémite".

Benjamin Pierret avec AFP