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Violences conjugales: la pose de bracelets anti-rapprochements a "doublé en un mois"

Accusé de ne pas agir assez efficacement contre les violences faites aux femmes, le gouvernement affirme avoir renforcé le dispositif des bracelets anti-rapprochement au cours des dernières semaines.

La série de défaillances judiciaires pointées depuis le féminicide de Mérignac agite le gouvernement, appelé à agir plus efficacement contre les violences conjugales. Mercredi, six nouvelles mesures ont été annoncées pour renforcer la protection des victimes. Parmi elles, un plan de renforcement du recours aux bracelets anti-rapprochement qui est déjà "dans une phase de montée en puissance", affirme ce jeudi au Parisien Isabelle Rome, chargée de l’égalité femmes-hommes au ministère de la Justice.

"Au 8 juin, nous comptabilisons 147 bracelets prononcés, dont 96 actifs (sur les 1000 mis à la disposition des magistrats, ndlr). Il s’agit d’un doublement en un mois", a souligné le Premier ministre Jean Castex dans un communiqué de presse.

"Les choses bougent", salue Isabelle Rome alors que le ministère de la Justice a été particulièrement critiqué après le féminicide de Mérignac, commis le 4 mai par un homme qui purgeait une peine pour violences conjugales mais n'avait pas été équipé du dispositif.

"L'engagement est tenu"

Cet outil, issu d’une promesse faite en 2019 lors du Grenelle contre les violences au sein du couple, est composé d’un boîtier remis à la victime et d'un bracelet électronique accroché à la cheville du mis en cause qui peut ainsi être géolocalisé. S’il pénètre le périmètre de sécurité établi autour de sa victime, il est contacté par une plateforme de télé-assistance, et s'il ne répond pas ou ne rebrousse pas chemin, les forces de l'ordre sont alertées. Quant à la victime, elle est prévenue par le déclenchement d’une alarme.

Mais, "il peut arriver que les victimes sous emprise ne parviennent pas à le donner (le bracelet, NDLR) ou le retirent après la pose du bracelet sur leur conjoint", changeant ainsi d'avis, remarque Isabelle Rome qui veut bien reconnaître quelques difficulté dans la mise en place du dispositif. Elle affirme cependant que "l'engagement est tenu", de la même manière que celui des téléphones grave danger qui "ont fait la preuve de leur efficacité", selon le ministère de l'Intérieur.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur indique que 3000 téléphones seront mis à la disposition des juridictions "d’ici début 2022", réalisant ainsi une "augmentation de 65% par rapport à aujourd’hui".

La lutte contre les violences faites aux femmes est "un sujet crucial" et sur lequel "on travaille pour que l'ensemble du gouvernement se mobilise", affirme une source au ministère chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes interrogée par BFMTV.com.

Des mesures pas assez dissuasives

"Le ministère de l'Intérieur n'a jamais été aussi mobilisé", ajoute-t-on, tout en admettant que "les féminicides de Hayange et Mérignac ont montré qu'on avait besoin d'aller plus loin."

Du côté du collectif Féminicides par compagnons ou ex, qui recense le nombre de femmes tuées par leur conjoint, on estime que "les hommes ne sont pas suffisamment dissuadés de passer à l'acte. Il faut des peines exemplaires avec, par exemple, l'exfiltration automatique de l'homme violent dès le premier dépôt de plainte", nous explique-t-on. Depuis le début de l'année 2021, le collectif a relevé 51 féminicides. En 2020, le ministère de l'Intérieur en avait décompté 90, contre 146 l'année précédente.

3919: le numéro de téléphone pour les femmes victimes de violence

Le "3919", "Violence Femmes Info", est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, mariages forcés, mutilations sexuelles, harcèlement...). C'est gratuit et anonyme. Il propose une écoute, informe et oriente vers des dispositifs d'accompagnement et de prise en charge. Ce numéro est géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV