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Vincennes: tentative d'évasion et incendie au centre de rétention, quatre policiers blessés

Parmi les suspects figurent trois jeunes qui pourraient avoir agressés la famille.

Parmi les suspects figurent trois jeunes qui pourraient avoir agressés la famille. - AFP

Huit personnes ont tenté de prendre la fuite du centre de rétention administrative de Paris-Vincennes dans la nuit de lundi à mardi. Des policiers ont été légèrement blessés par un départ de feu.

Il était 3h30 dans la nuit de lundi à mardi lorsque huit personnes ont tenté de s'évader du Centre de rétention administrative de Paris-Vincennes (CRA). Après le déclenchement d'une alarme, la police est intervenue pour les reconduire dans leur bâtiment. Près de deux heures plus tard, "après avoir tenté de rallier à leur cause les 57 détenus administratifs du bâtiment, les individus ont déclenché 13 départs de feu dans le centre de rétention", précise ce mardi la préfecture de police.

Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir et la situation a finalement été maîtrisée à 5h45. Quatre policiers ont été légèrement intoxiqués par les fumées. L'un d'entre eux a été conduit à l'hôpital Saint-Antoine, d'où il a pu ressortir rapidement après examen. Un retenu administratif a aussi dû être extrait d'une chambre enfumée et a été transporté en urgence relative à l'hôpital. 

Des fonctionnaires "pas suffisamment nombreux"

Le CRA de Vincennes, où sont retenus des étrangers en situation irrégulière compte 178 places, selon la la Cimade, association habilitée à intervenir dans les CRA. Un incendie s'était déjà déclaré dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 2016 dans ce centre. En 2012, sept étrangers s'étaient enfuis du CRA, qui connaît un mouvement de grogne des fonctionnaires de police. 

"Les fonctionnaires ne sont pas suffisamment nombreux, les retenus en ont conscience et ils jouent sur les faiblesses des moyens humains et matériels", a déploré auprès de l'AFP un fonctionnaire du centre, où le préfet de police Michel Delpuech s'est rendu dans la matinée.

Les fonctionnaires de police ont notamment protesté à l'automne contre l'ouverture d'une extension d'une soixantaine de places dans deux préfabriqués. Environ 60% des personnels de police s'étaient alors mis en arrêt maladie pour protester contre le manque d'effectifs. L'ouverture de cette extension, prévue fin octobre, avait été repoussée au mois de décembre, a-t-on rappelé de source policière.

Carole Blanchard avec AFP